Ces 8kg que je ne perdrai pas.

J’ai toujours détesté mon corps. Trop grosse, pas assez bronzée, pas symétrique… J’ai souvent rêvé d’un hache magique, avec laquelle je pourrais me retirer un morceau de mollet, de hanches, de ventre, un pinceau magique avec lequel je pourrais redessiner mon visage. Depuis 23 ans, mon corps n’a cessé de changer, pour grandir, passer l’adolescence. A chacune de ses étapes, je l’ai toujours traité comme un problème à résoudre, un chantier jamais terminé. A aucun moment je ne l’ai remercié, je n’ai été heureuse avec. Il m’en fallait toujours plus.

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Je devais avoir un peu plus de 4 ans sur cette photo : si je ressemble à Boo (Monstres &Cie) ou Agnès (Moi moche et méchant), c’est sûrement la coupe et les joues…

Je ne concevais pas qu’on puisse être heureux.se sans un corps parfait. En général, je considérais que je ne serais appréciée à ma vraie valeur/aimée que si j’étais parfaite. L’élève parfaite, la fille/amie parfaite, et plus tard la petite copine parfaite. Si aujourd’hui, je pouvais écrire quelques mots à la fille que j’étais alors… J’aimerais la consoler, la rassurer, essayer de lui faire comprendre que ce qu’elle croit n’est qu’une image.

En primaire déjà, j’ai commencé à complexer. Toutes mes amies étaient grandes, fines, alors que moi, après la petite enfance, je n’avais pas encore grandi beaucoup, et sans être grosse, j’étais « bouboule ». Et quand je dis « bouboule », c’est mon moi d’avant qui parle. J’étais ronde, avec de bonnes joues, très certainement pas la peau sur les os, mais normale. (Et c’est là que je vois le chemin que j’ai parcouru depuis). J’ai commencé à me comparer à elles -ERREUR-, et encore plus dans mon club de danse où j’étais la plus jeune: elles étaient plus grandes que moi, plus fines, avec des formes bien placées, quand moi…Depuis mes cinq ans minimum de moins qu’elles, je les admirais.

Je devais alors avoir environ 15 ans. Ces photos ne vous choquent peut-être pas, et pourtant j’ai eu un haut le coeur en les retrouvant, parce que  cette fille, ce n’est pas moi.

La vraie lutte a commencé en arrivant au collège. Je pense qu’avant, je n’avais pas vraiment conscience de mon corps. Je ne m’étais jamais posée pour me dire « Bon, ma vieille, tu vas faire des efforts parce que c’est pas foufou. » C’était une constatation « oui, je suis comme ça », mais sans vraiment d’idée de « je vais le changer ».
C’est, sur tous les plans, une période qui a été très difficile pour moi. Tout d’abord parce que j’ai perdu ma meilleure amie; que je me suis éloignée d’une autre… Et qu’en général, cette période a été une catastrophe amicale. C’est à cette période que j’ai compris la différence entre les connaissances, les potes, et les amis. Il a vraiment fallu attendre la 4ème pour que je me fasse des amis garçons, les seuls sur qui j’ai pu me reposer jusqu’à la fin du collège. Bref, je m’éloigne du sujet (mais ça reste important, dans le sens où, si j’avais eu plus de soutien amical, cette période aurait sûrement été plus facile).
Le collège a été pour moi les quatre années de chute. Mon corps a commencé à changer rapidement, j’ai grandi, mais pas assez rapidement pour rattraper les autres filles de ma classe. Parce que ma mère était professeur, parce que j’étais « bouboule » (ah, je déteste ce mot), j’ai eu le droit d’être le bouc émissaire. « Miss Gartn** », « Baleine » (avec en prime, l’imitation de ce qu’était plutôt un éléphant, en imitant mes « grosses » joues, un pas lourd…).

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Mes joues inexistantes, mes clavicules, mes bras, mon soutient-gorge que je ne remplis pas…

Juste pour remettre les choses à leur place, à l’époque, je devais faire un peu moins d’1m60 pour 55kg. Et oui, je n’étais PAS DU TOUT grosse. C’est dingue ce que la société, et des gosses peuvent te mettre en tête. Ces remarques, les filles/femmes de ma famille ou de mon groupe d’amis qui faisaient des régimes autour de moi, cette injonction à être parfaite, sont rentrées dans ma tête. Forcément, j’étais rejetée par les autres filles, je me souviens avoir été rejetée par un garçon à cause de ces moqueries…
J’ai donc passé ces années de puberté à entendre, et à me mettre dans la tête que j’étais grosse. Pas assez bien. Il me fallait être plus fine, plus jolie. Plus intelligente ? Ce n’était pas vraiment un problème, j’ai toujours très bien travaillé à l’école. Au lieu de me concentrer sur mes passions, à developper mon sens artistique ou mes amitiés (ce que j’ai quand même un peu fait, dieu merci), j’ai mis toute ma force à essayer de changer mon corps. Une « amie » en 3ème, dans le même état d’esprit que je l’étais alors, m’a « aidée » à planifier mon amaigrissement : combien de calories par jour il fallait manger, le sport qu’il fallait faire, et s’inspirer des mannequins des magasines. Ces mannequins, je ne les trouvais pas belles, leur maigreur me faisait peur : mais c’était ma seule amie alors, et elle était plus fine que moi, je voulais être comme elle, appréciée d’elle… Donc forcément, elle avait raison.

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J’ai 17 ans sur cette photo, et je dois faire 48kg.

Le lycée n’a pas aidé non plus. En y arrivant, je ne connaissais qu’une seule fille, qui venait de mon collège aussi. On s’est rapprochées, jusqu’à ce qu’un jour je lui ai confié mes problèmes de poids, ce à quoi elle m’a répondu « Laura, je ne veux pas savoir tes problèmes ». Ah.

La comparaison avec les autres filles était devenu un sport quotidien « Je suis plus grosse que X, X et X. Et X est vraiment trop belle, pourquoi est-ce que je ne suis pas comme elle ? Heureusement, je suis moins grosse que X et X. Je ne le supporterais pas ».
Ce système me descendait, et je descendais au passage les filles autour de moi. Ce n’était pas elles, mes ennemies, c’était moi. Je me souviens avoir détesté/jalousé/admiré une fille de ma classe parce qu’elle était belle et jolie, alors que c’était une garce incroyable. Elle aussi, devait avoir ses propres problèmes (ce n’est jamais une excuse pour descendre les autres).
C’est à ce moment que j’ai commencé les régimes. De 55kg, je suis descendue jusque 47kg pour 1m60. Et il m’arrivait de m’endormir en pleurant parce que j’avais pris 300g depuis la veille, de culpabiliser parce que j’avais mangé un yaourt en dessert. Et là encore, je me trouvais hideuse, énorme. Je calculais toutes mes calories, j’ai commencé à courir parce qu’il fallait que j’élimine celles ingérées.  Cette période de « crise » a duré un quelques mois, et ma mère s’en est rendue compte.  J’ai arrêté mes bêtises avec la nourriture.

Classe préparatoire et sport intensif : c’est simple, je n’ai pas de formes.

Arrivée en classe préparatoire, je quitte ma famille pour arriver à Lille. Encore deux années à me faire des potes, à conserver puis m’éloigner d’une amitié… Sans me faire d’amis. Deux années à vivre avec mon copain de l’époque. Autant dire que je ne suis jamais sortie de mon appartement.
J’avais un vie très réglée : aller en cours, travailler, revenir de cours, travailler, manger un peu, me coucher. Mon copain avait une emprise sur moi qui ne m’aidait pas à m’épanouir. J’ai vécu ces deux années en me restreignant sur ma faim : ma faim de vivre.
En deuxième année de Prépa – et qui n’est pas passé par là?- j’ai fait une (petite) dépression. Je n’avais pas d’amies, que des copines qui n’hésitaient pas à me tirer dans les pattes quand il s’agissait de comparer nos notes ou à ne pas échanger nos fiches; mon couple n’allait pas bien mais je ne m’en rendais pas encore compte à l’époque; et le passage d’hypokhâgne à khâgne a été difficile scolairement parlant… Il pouvait m’arriver d’éclater en sanglots sans raison en plein milieu d’un cours ou de la cafétéria.

Sport intensif : les abdos ne font pas le bonheur. La brassière et le legging en XS non plus.

J’ai commencé à me mettre à fond dans le sport. 3 à 4 fois par semaines à la salle de sport. Je n’étais alors que 50kg de muscle. Mais là encore, pas satisfaite, puisqu’être fine (même si je ne l’étais pas assez pour moi) ne m’apportait pas le bonheur : ni les amis, ni l’amour, ni une satisfaction personnelle.

Quitter la Prépa et entrer en école de commerce à bouleversé ma vie sur de nombreux plans. J’ai rencontré mes premiers amis, ceux qui sont restés. J’ai découvert la vie étudiante, alors qu’a 20 ans je n’avais jamais ou presque bu d’alcool.
J’ai quitté mon copain (ça peut sembler anodin, pour moi cette rupture a signé le début de mon épanouissement personnel), j’ai eu des expériences sans lendemain qui m’ont aidé à me trouver belle à travers le regard des hommes. J’ai retrouvé mon premier amour, qui m’a fait me sentir exceptionnelle, sûrement pour la première fois en 20 ans.  Je suis sortie avec un homme plus âgé que moi, ce qui m’a rassuré, m’a fait me sentir femme.
Pour la première fois en 20 ans alors, je me sentais bien, physiquement et mentalement.

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2015, post-Cambodge : j’ai déjà retrouvé quelques formes.

2015, je pars au Cambodge en mission humanitaire. Deux mois sans sport, à bien manger, alors que j’en faisais encore entre 3 et 5 fois par semaine. J’ai pris du poids. En rentrant à Lille, impossible de me remettre au sport. Les soirées s’enchaînent, et je n’arrive pas à perdre les quelques kilos que j’ai pris. Je culpabilise de ne plus faire de sport, je n’arrive pas à faire des régimes : je n’ai pas envie, plus la force d’en faire.

Aujourd’hui, je fais 1m63 pour 60kg. Et je ne me suis jamais sentie aussi bien dans mon corps.
Il m’a fallu 23 ans pour accepter de faire un Burger sans évaluer le nombre de calories, ou calculer le nombre d’heures qu’il faudrait pour l’éliminer. 23 ans pour accepter que le sport, ce n’était pas ma tasse de thé : je m’épanouis tellement plus dans l’écriture, le dessin, le tricot… Toutes ces activités manuelles qui ne brûlent aucune calorie, mais me font un bien fou. Le traitement Roaccutane m’a également vraiment aidée à me sentir bien dans ma peau (si tu ne l’as pas lu, l’article est ici !).
J’ai retrouvé les photos qui sont dans cet article il y a quelques mois. Tu sais, ce shot d’adrénaline que tu reçois quand tu as peur? C’est exactement celui que j’ai eu. Mon dieu, j’étais aussi maigre que ça ? Je me trouvais grosse ? La « moi » de 15 ans aurait été folle si elle avait appris que, 10 ans plus tard, elle aurait 10kg de plus. Que ces 10kg ne l’embêtaient pas.

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2017. Je retrouve enfin mes joues !

Ce que j’en retiens aujourd’hui?
J’ai passé 20 ans à détester mon corps, à essayer de le changer de toutes les façons possibles, 20 ans où j’ai mis mon énergie dans une lutte vaine, à faire la liste de mes défauts plutôt que la liste de mes qualités.
Alors soit, il y a forcément des jours où j’ai un peu moins confiance en moi, où je préfèrerais avoir 2kg en moins. Mais en y réfléchissant un peu, je sais que ces 2kg en moins ne me rendraient pas heureuse, j’en voudrais toujours plus. Que ma vraie beauté, c’est celle où je suis heureuse, et que si je suis heureuse en n’allant pas à la salle de sport, en commandant un Burger et une bière… C’est comme ça que je le serai.

J’ai également réalisé que le problème ne venait pas que de moi, mais aussi de mon entourage. Des phrases absolument aberrantes avec lesquelles j’ai grandi, parfois même anodines, mais qui ont fait beaucoup de mal à ma confiance en moi.

  • Mon (ex)copain qui me dit que « c’est bien, tu as perdu pas mal de poids, il ne faut pas relâcher tes efforts ».
  • Ma grand-mère qui me dit que « c’est bien, maintenant tu as un corps de femme. On s’inquiétait un peu quand tu étais plus petite, parce que tu étais un peu « bouboule », mais moi je leur disais -Ne vous inquiétez pas, ça va s’arranger quand elle va grandir ».
  • Mon père qui me dit, après mon retour du Cambodge que « tu as pris quand même pas mal de poids ».
  • Ma pote, qui complexe sur son corps, qui me demande « Tu n’as pas envie de faire un régime toi? ».
  • Mon (ex)copain qui se motive à faire beaucoup de sport, et m’enjoins à faire de même. Sauf que je n’ai pas envie d’en faire -ce qui me fait encore plus complexer.
  • Ma autre pote qui complexe sur son corps, qui me dit que « Aucun homme ne veut de moi, ils veulent des filles comme toi : une petite brune, toute fine ».
  • Mes potes garçons qui, en plaisantant, se moquent de mon poids : non, les mecs. On ne rigole pas avec ça.

Je ne leur en veux pas, ils ne se rendaient pas compte, ne l’ont pas dit à un seul moment pour me faire du mal. Mais eh, je suis sensible, je prends tout à coeur.

Mais sinon, à quel moment ces personnes ont un droit de regard/d’opinion sur mon corps ? Est-ce que je n’ai pas le droit, en plus d’avoir accepté mon corps, de continuer à être bien avec ? J’ai mis du temps à l’accepter, et j’ai parfois l’impression de ne pas être dans la norme parce que maintenant je suis à l’aise avec.

img_8243-modifier.jpg2017. 22 ans, 60kg, et enfin confiance en moi.

Me rapprocher de ma famille, me faire de vrais amis… Tout cela a contribué à me donner confiance en moi. C’est en stabilisant ce qu’il y avait autour de moi que j’ai commencé à m’accepter moi.

Alors oui, je n’apprécie pas particulièrement mes jambes. J’ai toujours eu de bonnes joues. Mes lèvres ne sont pas super symétriques quand je souris. Mes pieds ne sont pas fins. J’ai toujours eu une mini-bouée au niveau de ventre (et ça peu importe mon poids).

Mais au lieu de faire la liste de mes « défauts », je fais la liste des choses que j’aime bien chez moi.
J’aime bien mes yeux. J’aime bien mes mains, les mêmes que ma maman. J’aime bien mes cheveux, le châtain de mon papa qui vire blond/roux au soleil. J’aime bien les tâches de rousseur que j’attrape en allant au soleil (encore Papa).  J’aime bien ma morphologie, ma taille fine qui me permet de mettre des jupes taille-haute.
Mes mollets sont peut-être massifs… Le seul vrai problème que ça pose, c’est quand il s’agit de trouver des bottes (haha). Mes hanches sont « larges »? Ca laisse plus de place pour que mon chéri me les attrape. Mes pieds ne sont pas beaux? Je les ai hérité de mon papi, et au final on s’y habitue, je les trouve attachants… Et ça nous fait toujours bien rire en famille quand je lui « reproche » de m’avoir donné ses pieds.

Mon IMC a toujours été normal. Malgré mes variations de poids, je n’ai jamais été obèse ou squelettique. Je ne me mets à aucun moment dans la peau d’une personne qui a des problèmes de poids d’ordre « médical », je donne juste ici mon expérience. Tout ça, c’était dans ma tête. Mais aujourd’hui, j’ai accepté mon corps tel qu’il est, avec ses variations de +2kg en hiver et -2kg en été.

Ces 8kg que j’ai pris depuis la Prépa ? Je ne les perdrai pas. Je sais qu’être mince m’allait peut-être bien, mais si je ne suis pas bien à l’intérieur, à quoi ça sert ? J’ai fait la paix avec mon physique, ce qui m’a fait un bien fou, et ça me blesse de savoir que mes amis.es autour de moi, ne sont pas à l’aise avec.
Je souhaiterais tellement que cet article puisse être lu par la moi de 13 ans, lui éviter toutes les galères dans lesquelles elle va s’entraîner toute seule. En espérant que vous, en le lisant, il vous fasse du bien. Et arrêter de complexer.

Rosaloup.

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7 commentaires sur « Ces 8kg que je ne perdrai pas. »

  1. Tu as toujours été magnifique ma puce, au-delà de mes yeux de maman. Si j’avais seulement pu t’en convaincre pour adoucir ta peine. Je l’ai toujours été mais aujourd’hui, je suis tellement fière de toi. Je t’aime ma princesse

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  2. Coucou Laura je suis tomber sur ton blog au hasard , je me retrouve un peu dans ce que tu dit, mais moi c’était le contraire j’était trop fine au collège limite squelletique et maintenant j’ai beaucoup de rondeur et je me sens mieux dans mon corp et dans ma tête. .. Je t’ai connu au collège et franchement je trouvais que tu étais une jolie fille tu l’ai toujours d’après les photo ^^ après on vit dans un monde où si tu rentre pas dans du 36 tu est hors norme, mais en faite j’ai apris avec le temps que bah ressembler au autre ne sert a rien et qu’il faut ce plaire d’avantage a soit même en priorité, les autres passe après. … chaque personne est unique et ce qui et beau et magnifique c’est la diversité … Sur ce je te souhaite une belle journée

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  3. bonjour ma petite fille ,laura

    encore un article plein de bonnes réflexions et d’intentions ..c’est bien de faire un retour sur soi ;mais crois en ton papy,depuis ta naissance tu as été à mes yeux ,la plus belle,la plus aimante,la plus intentionnée ,la plus intelligente ,la plus volontaire pour affronter tout simplement la vie.Pour le reste le physique importe peu tu es une fille bien faite laura à la fois dans ta tête et dans ton corps de femme.Merci d’écrire et encore écrire
    je me délecte de lire tes articles, ta prose me repose et me fais rêver…
    je t’embrasse très fort. ton papy

    (mamie se fait opérer de la cataracte demain matin)

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  4. Émouvant. Tellement vrai…car même en étant un homme on peut le comprendre, le voir et surtout on entend… J’ai pu vivre une partie de ton histoire quand j’étais moi-même enfants et c’est exactement cela 😔. Mais au final, je n’en veux à personne et j’ai su avancé dans la vie !!!
    Magnifiquement écrit Laura 😢🙂. Heureux pour toi. Sincèrement !

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