Échecs et confiance en soi

« Votre mission, si vous l’acceptez :
Créer les conditions du miracle »

Didier Hauvette

 

Pendant très longtemps, je n’ai pas eu confiance en moi. C’est seulement autour de mes vingt ans que j’ai commencé à me sentir forte, à avoir l’intime conviction que j’étais capable.

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J’ai grandi en étant aimée, mais à l’adolescence, j’ai pu ressentir des manques, réels ou pas, qui m’ont affaiblie. Je suis passée par des épreuves qui ont été difficiles, qui font aujourd’hui la personne que je suis. Mais je n’avais pas le recul que j’ai aujourd’hui pour en parler, et j’ai pu me sentir très mal à cette époque. J’avais l’impression que mon monde, bouleversé, était sur le point de s’arrêter à chaque instant. Comme lorsque tu fais une grosse bêtise et que tu es pris/e sur le fait, l’adrénaline monte et tu ne sais pas où te mettre, sachant très bien que la tempête va frapper.

Le problème, c’est que je me positionnais en tant que victime. Même dans mon malheur, je ne voulais pas faire d’efforts, je m’y complaisais (et autant te dire que, du coup, la situation n’évolue pas). J’avais envie qu’on me plaigne, qu’on comprenne mon malheur. Je ne voyais pas que je ne pouvais compter juste sur moi, et que ce besoin d’être rassurée venait de mon manque de confiance en moi… Bref, un vrai cercle vicieux. Les personnes, les amis qui m’entouraient étaient également des relations toxiques, qui elles aussi étaient peut-être très mal dans leur peau. J’étais très dure envers moi-même, cherchant la perfection a tout prix. On m’a demandé une fois, ce que je voulais être plus tard : « grande, mince, intelligente ». La fille parfaite, l’étudiante parfaite, la copine parfaite… Mais à aucun moment je n’ai dit que je souhaitais être heureuse. Ça a été le déclic pour moi. Oui, je faisais tout pour rester dans cet état de mal-aise, je n’imaginais pas pouvoir, je ne savais pas comment faire pour être heureuse plus souvent, régulièrement… tous les jours même ?!

Encore aujourd’hui, il y a des moments où je doute de moi évidemment. Des journées un peu plus sombres que les autres, où ma tête dans le miroir ne me revient pas, où je me sens toute petite. Mais au lieu de me dire que je n’ai pas de chance, que je suis nulle, je me dis que j’ai fait de mon mieux (et si ce n’est pas le cas, je ne peux m’en prendre qu’à moi même), et que si ça ne fonctionne pas, et bien ce n’était pas fait pour fonctionner !

Je vous partage ici 3 échecs, qui m’ont aidé à grandir, et les leçons que j’en retiens – encore une fois, je dis ça maintenant que c’est passé):

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Ne pas se laisser écraser, savoir catégoriser le pro et le perso

Il y a quelque temps maintenant, j’ai fait un stage en magasin. Mon premier stage, dans une grande marque de sport. J’avais travaillé dans un univers de mecs uniquement seulement une fois auparavant, je pensais pouvoir assurer, mais la réalité a été tout autre. Dès le début, étant la seule fille stagiaire (il y avait une autre femme-vendeuse, mais je la croisais peu, nous n’étions pas au même étage), j’ai été timide. Je souriais, j’essayais de faire mon maximum. Mais ce n’était pas assez. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre les autres vendeurs, le manager du magasin, et moi, mais ça s’est très mal passé. C’est comme ça, certaines personnes ne sont pas faites pour s’entendre. C’était, évidemment, un stage de 2 mois moins 2 jours, pour qu’ils n’aient pas à me payer. Cependant, la pression a commencé à s’accumuler. Je devais acheter mes propres vêtements de la marque pour être en rayon, alors que je n’avais aucune aide financière pour le faire, et qu’un autre stagiaire avait eu le droit de récupérer des vêtements (et même une paire de chaussures!) que le magasin n’avait pas pu vendre pour défaut. J’ai demandé à en avoir un aussi, ce à quoi on m’a ri au nez. Arriver en t-shirt uni, même sans marque, me faisait passer la journée « en grotte », c’est à dire au sous-sol, parce qu’ils savaient que je détestais ça (et de toute façon, ils n’avaient rien à nous faire faire… nous étions plus de stagiaires que d’employés dans le magasin, en période d’avant soldes – donc sans aucun client dans la boutique).

Le problème, c’est que les remarques quotidiennes, les blagues lourdes, m’ont touché en plein cœur. Parce que je ne faisais pas la différence entre le boulot et le perso, et pour moi, ces remarques étaient directement dirigées vers moi, la personne que je suis vraiment.

J’ai laissé ces personnes me faire du mal, sans me rebeller, alors qu’ils me descendaient quotidiennement. Au lieu de me remettre en cause, alors que je ne faisais rien de mal, j’aurais pu juste hausser les épaules, lever les yeux, et me dire que ces cons ne méritaient pas que je me mette dans de tels états.

Le plus drôle ? Je n’étais même pas obligée de faire ce stage. J’aurais pu dire stop à n’importe quel moment. Mais je ne l’ai pas fait, pas respect pour le manager du magasin, pour la hiérarchie. J’ai préférer être polie plutôt que de reconnaître ce qui était bien pour moi.

Anticiper pour ne pas se faire avoir

Plus récemment (l’année dernière), j’ai écrit des articles pour un magazine, en dehors de Rosaloup. Sans entrer dans les détails, je n’avais pas de contrat à proprement parlé, qu’un e-mail récapitulatif, un nombre d’articles, une deadline et un prix. Un prix pas super élevé, mais c’était plus pour ma part un désir d’écrire, de me faire un réseau un peu plus d’expérience; et le fait que j’ai pas fait d’école de journalisme explique aussi le tarif bas. Cependant, la deadline n’a pas été respectée, je n’ai pas eu les articles en temps et en heure, et à partir de Septembre, j’ai eu plus de contraintes par mon école et mon entreprise (alternance). Si bien que fin Décembre, au lieu de 40 articles, je leur en ai envoyé 20. Je ne parle pas de l’échange téléphonique désastreux que j’ai du subir pendant une quarantaine de minute, où j’ai pris sur moi (et pourtant, la patience n’est pas un de mes forts). Au final, le numéro pour lequel j’ai écrit est sorti en Décembre, mais je n’ai été prévenue qu’en Janvier.

Depuis, ça a été la croix et la bannière pour discuter prix. Pour 20 articles au lieu de 40, on m’a proposé un prix de moins de la moitié du prix initial; avec l’impossibilité de vérifier que les 20 articles n’étaient pas sortis, si certains avaient été modifiés ou pas (puisque je n’ai pas réussi à mettre la main sur un exemplaire, malgré mes demandes). Et encore, nous sommes aujourd’hui en Mai, et je n’ai toujours rien touché.

L’enseignement ? TOUJOURS FAIRE UN CONTRAT. Alors oui, la situation n’est pas cool, mais qu’est-ce que je peux faire, puisque je n’ai pas signé de contrat à la base ? N’en vouloir qu’à moi-même. Ce travail m’a pris du temps, de l’énergie, mais au final je n’avais pas assuré mes arrières.
Egalement, faire confiance aux autres jusqu’à un point limite. Je leur ai fait confiance en me disant qu’auparavant, tout s’était très bien passé, mais Business is Business. Alors même si, sous le coup de la colère, j’avais très envie de les pourrir, je ne le ferai pas, parce que les tords sont partagés et que j’assume les miens. Tant pis pour moi, ça me fera une leçon.

Penser à soi avant tout

Troisième échec, pas le dernier. Je suis apparemment le genre de personne qui aime bien faire une erreur, plusieurs fois de suite, histoire d’être sûre que c’était pas la bonne chose à faire. Là, pour le coup, c’était dans mes relations amoureuses.

Mes trois plus longues relations ont toutes eu le même schéma : tout est rose, jusqu’au jour où je me rends compte qu’en fait, je me suis complètement mise de côté, aliénée, pour devenir la copine parfaite. Et qu’après avoir mis de côté tous mes défauts, où les points qui faisaient que j’étais « moi », toutes mes passions… Je me retrouvais vidée, avec un besoin irrépressible de liberté, pour redevenir ENFIN moi. Ça pouvait passer par « arrêter de sortir avec mes amis » et/ou « ne plus prendre de soirée toute seule juste pour moi ». J’étais dans des relations toxiques, où le mec, jaloux au possible, ne me donnait pas une once de liberté. Alors que je suis très indépendante. Je m’enfermais dans un cocon amoureux, où je perdais mes amis, où je me perdais moi, allié à un sentiment de culpabilité lorsque je demandais (oui, c’était de la demande polie) à sortir ou rester un peu seule, ce qui m’étais refusé. Le syndrome de l’infirmière, qui s’occupe de son chéri parce qu’il n’est pas bien, n’a pas confiance en lui, n’a pas confiance en moi. Bref, en tout, à peu près 7 ans perdus à essayer de plaire, d’être quelqu’un d’autre, de donner tout sans recevoir l’équivalent.

Et je ne comprenais pas pourquoi je retombais toujours dans des relations comme ça. En me posant un peu, c’est venu assez vite.

Je suis une personne passionnée, très sprint, beaucoup moins course de fond : je me donne à 200% dans tout ce que j’entreprends, quitte à faire des efforts surhumains, mais cette attitude ne me fait pas tenir la longueur, qu’il s’agisse de relations, de passions personnelles ou de travail. Si c’est trop lent, ça m’ennuie, j’ai besoin d’être passionnée par ce que je fais, j’ai besoin d’action.

Je sais également que je suis très indépendante. J’ai besoin de pouvoir avoir du temps pour moi (beaucoup, il faut croire que j’aime bien être en solitaire), de sortir passer du temps avec mes amis, de dessiner, d’écrire, de faire du sport… De ne pas devoir partager absolument TOUT avec l’autre.

Finalement, cette passion se combine a un besoin de soutien, de présence et d’attention, dont je suis bien au courant. Mais est-ce que cela veut dire que je dois absolument sacrifier mes passions et mon indépendance pour ça? Les personnes que j’avais en face de moi avaient pour point commun un gros manque de confiance en eux, et le fait que je sois indépendante et que je veuille mener ma barque comme je l’entends ne les aidaient pas à avoir confiance en moi, se braquaient et m’empêchaient de faire comme je l’entendais. Alors que, tout ce que je demandais, c’était un équilibre. En voulant aller trop vite, en brûlant les étapes de la relation, je me suis retrouvée enfermée. Et encore une fois, je ne pouvais m’en vouloir qu’à moi-même, de ne pas avoir mis de stop, de ne pas avoir imposé mes exigences plus tôt.

Après avoir fait trois fois ces erreurs, j’ai réussi à défaire le « j’ai un mauvais karma, je ne tombe que sur des mecs comme ça » pour un « je dois établir directement les règles du jeu ». Non, je ne suis pas une victime de mes relations, je ne peux pas changer l’autre personne (à défaut d’avoir essayé, eux, de me changer, et moi aussi de les changer – ça ne sert à rien).

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Finalement, quelques conseils sur la prise de confiance en soi ?

Connais-toi toi-même

Alors bien sûr : tu vis avec toi chaque jour. Mais est-ce que ça veut dire que tu te connais ? Lire des livres de développement personnel aide, prendre du temps pour soi aussi, la méditation (que tu te poses dans un coin en murmurant « OOOOM », que ce soit en te baladant dans la rue, en dessinant, en écrivant…) aide pas mal à te recentrer sur toi… Pour moi, ça peut être en me posant sur mon balcon, en dessinant, en écrivant, ou encore en me préparant une soirée cocooning à la maison !
Je sais que je fonctionne par déclic, et parfois, ce déclic ne vient pas en agissant, mais juste en me posant un peu. C’est de là que vient l’idée de cet article d’ailleurs !

Accepte-toi

S’accepter : son corps, ce qu’on n’aime pas dedans, ses défauts… Être à l’aise avec. De toute façon, tu ne pourras pas changer radicalement, il y a une part de génétique et d’éducation. Tu as envie de perdre du poids : est-ce que ça te rendrait plus heureux/se ? Tu as envie de passer plus de temps avec tes proches…est-ce que c’est ce que tu veux toi, ou est-ce que tes proches te font culpabiliser parce qu’ils ne te voient pas (assez à leur goût) ?

Deviens ton/ta meilleur/e ami/e

Accepter tes défauts, c’est aussi reconnaître tes qualités. Qu’est ce qui te plait chez toi ? En quoi es-tu fort/e ? Tes proches, amis ou famille, peuvent t’aider dans la vie de tous les jours, dans tes choix par exemple, mais au final, c’est toi qui agis. Tu peux entendre leurs conseils, être influencés par eux, mais au final, tu es seul responsable de tes choix. Ils peuvent sortir de ta vie, mais toi tu seras toujours là. Prendre conscience que tu ne peux vraiment avoir confiance qu’en toi, et que tu en es capable !  Même si tu ne le sens pas, tu n’as pas le choix, et tu vas relever le défi. Peut-être pas haut la main, mais tant que tu fais de ton mieux, tu ne peux pas t’en vouloir !

Laura Rosaye

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2 commentaires sur « Échecs et confiance en soi »

  1. Je ne crois pas que ces expériences étaient des pertes de temps mais qu’elles font au contraire partie intégrante du processus qui t’a menée jusqu’à aujourd’hui et à ces compréhensions justement. Et je suis heureuse pour toi 😘

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