Deux mille mots d’amour

Photo : Pinterest.

La rupture, le questionnement, l’espoir. L’avant, le pendant et l’après.

Pas de photos pour cet article, je tenais à le tenir séparé des précédents et des suivants.
Ces articles très personnels n’ont pas été écrits pour être publiés, mais avec le recul et un coup d’œil autour de moi, je me suis dit qu’ils seraient peut-être utiles. Mettre des mots sur la douleur, sur le bonheur, et sur l’entre-deux, pour mieux extérioriser. Je ne suis pas à ta place, et pourtant tu as déjà ressenti cette détresse ou cette passion. Si tu ne les as pas encore ressenti, je t’invite à les découvrir à travers mes mots ! Si tu les ressens en ce moment : courage, ça va aller. Le point positif avec les sentiments? C’est sûrement ce que tu partages le plus avec ton voisin.

Bonne lecture !

Avant

Ce n’est pas toujours facile. Je vis tous les jours avec moi-même pour le savoir. Je bous depuis un petit moment déjà, mais tu ne l’as pas vu. Quelques bulles, par ci, par là. Mais je vais exploser. Tu aurais dû m’attraper avant. Si tu me piques, je te répondrai en mordant, à fleur de peau. Tu sais au fond de toi que j’ai sacrifié beaucoup de l’ancienne moi. Ancienne… non, de moi. Je veux l’ancienne moi, avec moi. Et je sais que ce n’est pas possible.

J’étais un océan, et toi un garçon qui aimait les vagues, mais était terrorisé d’y nager. Je ne voulais pas être ta moitié, j’aurais préféré être celle qui te rappelle que tu es déjà entier. Déchirée entre tes promesses et la réalité : toi, incapable de leur rendre justice. Tu es un homme bien, j’espère être une fille bien. Je ne suis juste pas bien pour toi, et tu ne l’es pas pour moi. Je pourrais te dire que je suis assez forte pour attendre que les orages passent, qu’on recommence à zéro, qu’on puisse redevenir comme avant. Mais je ne suis pas désolée de me choisir moi plutôt que nous.
Et tu apprendras, j’apprendrai à aimer sans toi, on apprendra à faire notre bout de chemin, trouver comment se lever le matin, à danser, à faire nos propres aventures sans l’autre. Et on sera bien plus heureux comme ça.
Je t’ai dit que je te suivrai. Mais mon cœur n’y est pas. Je ne t’ai pas menti, je me suis menti toute seule, je pensais en être capable. J’ai accepté la routine, le 10/20, refrénant mon étincelle, les étoiles que j’avais dans les yeux. Celles qui ne venaient pas de toi. Je t’ai dit oui pour te faire plaisir, pour que tu ne sois pas aussi malheureux que je le suis. Tu me hurleras que je suis égoïste, que je suis une enfants, que je le regretterai. Sûrement oui. Et puis, je me souviendrai que j’ai pris la bonne décision.
Tu peux m’en vouloir de ne plus être à tes côtés, de ne pas avoir les mêmes rêves, les mêmes priorités. Ne m’en veux pas d’avoir des rêves, d’avoir besoin d’air. Je peux juste espérer qu’avec le temps, tu comprennes, acceptes. Que la haine laisse place à l’indifférence, que les souvenirs cessent de te poignarder pour faire place à la nostalgie. Notre histoire est belle. Mais le premier baiser ne dure pas. Je suis amoureuse du souvenir de toi. Je suis amoureuse de ton regard amoureux.
Et je redoute la confrontation, mais je dois tenir le cap. Je dois être forte, pour moi, pour toi. Ne laisser aucune faille, dans laquelle tu pourrais t’immiscer. Je ne peux pas craquer en voyant ton cœur se briser, les larmes dévaler tes joues, tes poings se serrer.
Les étoiles que tu avais dans les yeux vont me manquer. Ça me tue, de les noyer dans tes larmes. Peut-être que je suis idiote, de te pousser à partir, peut-être que je suis trop jeune. Qu’au lieu de rejeter ce qui est cassé, je devrais m’efforcer à le réparer. Mais je n’ai pas la force de le faire, j’étouffe.
Je te souhaite une fille, qui t’aime plus que moi, que tu aimeras plus que moi. Elle saura prendre soin de toi, elle ne te fera pas de mal. Jamais tu ne la regarderas avec ces yeux tristes.
J’ai décidé de ne suivre personne, de ne me fier qu’à mon propre instinct. De ne laisser personne m’influencer, me dicter ma conduite, ou juger mes actes. A contre-cœur, avec fermeté. En saisissant ma chance, en la provoquant, l’invoquant, en allant la chercher là où elle n’était pas de prime abord.


– Pendant –

Je te retiens comme un souvenir. Des bribes, des éclats, des images, des sons, ta voix. On s’était dit pour toujours, maintenant je m’aperçois que c’est vrai. On s’était dit pour toujours et je porte la trace de ta malédiction.
Je me surprends à rire toute seule dans la rue en me souvenant de tes blagues. Je me retourne à chaque fois, au supermarché, en sentant ton parfum (comment osent-ils porter le même que TOI). J’ai un hoquet en repassant par nos lieux. Mon ventre se noue toujours autant lorsque je me souviens de notre premier baiser, de l’anticipation, de l’excitation, de ma joie difficilement retenue.Mon cœur se serre lorsqu’il se souvient de nos disputes, plus encore lorsqu’il se remémore les dimanches matins dans tes bras, en entendant les cloches de l’église sonner, nous réveiller en les maudissant.
Combien de temps s’est-il passé depuis la dernière fois, depuis le dernier sourire sincère, le dernier baiser, le dernier mot, la dernière fois que je t’ai aperçu? Cela semble des siècles, et pourtant aujourd’hui encore, mes mains se souviennent de tes cheveux, ma poitrine brûle de pouvoir te serrer une dernière fois contre moi, comme avant.
On dit qu’avec le temps, ça va mieux. Que les blessures vont se refermer, qu’il faut être patient. Mais je n’ai rien de patient chez moi. Et je sais que c’était mon choix (ou pas?), un nouveau chapitre doit s’écrire, je sais que tu n’attends plus. La page s’est tournée. Et pourtant, j’attends toujours, que tu reviennes avec quelques mots pour adoucir mon amertume.
Le pire dans tout ça? Je sais que c’était la bonne décision. Celle à prendre. A contre-cœur. Je te revois encore : deux enfants, dans la rue, hésitants et pourtant surs d’eux. Un saut dans le vide, comme une évidence. Une évidence qui faisait sens pour nous, pour tout ceux autour de nous, une évidence qui a encore du sens pour moi. Peut-être plus tant que ça, finalement.
J’attend ton retour. Trouve-moi, et dis moi que tu m’aimes encore, comme je t’aime encore. Dis-moi que ça va fonctionner cette fois, que nous ne sommes plus des enfants, que nous avons appris de nos erreur et qu’elles ne se répéteront pas. Qu’on peut être aussi heureux qu’on l’a un jour été. Et je serai apaisée. Tu sais qu’encore aujourd’hui, je donnerai ma vie pour toi. Que je ne veux que ton bonheur. Que s’il faut que tu sois avec une autre pour être heureux, qu’il en soit ainsi. Mais s’il n’y a ne serait-ce qu’une chance, si infime soit elle, que tu penses à moi de temps en temps, reviens-moi. Si ta flamme n’est pas totalement éteinte, la mienne ne l’est pas non plus.

Je te promets qu’on peut être heureux.

Je souhaites ne plus jamais te revoir un jour. Pas dans la rue, pas en photo, nulle part. Je ne suis pas prête à essuyer ton refus. Je ne suis pas prête à briser les derniers morceaux intacts, ni ceux que j’ai recollé à la colle de mon amour-propre.
J’ai besoin de l’ami. Tu me connais mieux que personne. J’ai besoin de tes conseils. Vois à travers-moi, et guéris-moi.
Comment expliquer, qu’après tout ce temps, c’est encore ton visage qui ressort dans mes rêves? Que je me réveille en pleurant ton absence, en riant aux éclats, et en m’efforçant de me rendormir pour être encore une fois, quelques instants dans tes bras?

Où es-tu?


– Après –

Des confettis au sol après la fête, des bougies et des polaroids reposent sur la table, souvenirs de toi et moi hier soir.
Je tangue et vacille, tes bras pour me retenir, me réchauffer, je me confesse.
Tu serres ma main dans le taxi, et je peux m’avancer mais je ne pense pas, on peut faire un bout de chemin ensemble. Encore maintenant, sans même le savoir, et pourtant je le ressens… Le vide, qui cherche tes lèvres à chaque instant.
Tu es différent. Des autres, de l’image de toi. Ta douceur me convaincs.
Et mes mots ne collent pas, ne représentent, ne dessinent pas une once de ce que je ressens. Je suis frustrée. Ne pas pouvoir décrire à la perfection le sentiment qui m’habite. Comment expliquer le calme de ce désir, la douceur de cette fougue, cette impatience que je retiens?
Une chanson douce, mélancolique, un dimanche sous la couette, un soir à regarder les étoiles, à danser dans un parc. Une mélodie qui passe en boucle, sans jamais se lasser, tandis que ton regard ne peut se détacher du mien, que mes mains s’agrippent à ton torse. Comment expliquer ses silences, apaisants, où il me semble que je pourrais me noyer dans tes yeux océan? Plonger dans des eaux si froides, m’y perdre… Jamais glacier n’a été si torride.
Entendre ta voix, apercevoir ton visage, tes lèvres se pincer, et vouloir être celle à qui elles appartiennent.
Je me réveille d’un rêve où j’avais trouvé le bon. Je me suis réveillée, et un seul visage m’est venu en tête.
Je me revois virevolter à ton bras, contempler la rivière en contrebas, scruter les étoiles en renversant nos têtes, lutter contre le froid, mais tu me réchauffes. Je tiens ta main, tu entrelaces nos doigts, avant de déposer un baiser sur mon front. Tu m’enlaces comme si j’allais m’évaporer, gardes tes yeux ouverts, comme pour t’assurer qu’il ne s’agit pas d’un rêve. Des confessions à la lueur des bougies, dans le brouillard de nos deux corps.
Rire comme des enfants, aimer comme des enfants, ne pas se poser de questions et vivre au rythme des toujours. J’ai trop en moi pour me lasser jamais d’aimer. Je suis mauvaise en amour, je fais toujours les mêmes erreurs… mais tu ne peux pas m’en vouloir d’essayer. La fusion des premiers pas, ce qu’on n’ose pas, la timidité des premiers instants. Je veux te vivre au rythme des battements de mon cœur : forts, rapides, et ce jusque la fin.
Tous les débuts devraient être ainsi : m’enrouler dans ton pull, tes yeux ne peuvent me quitter. Je voudrais rester la fille de quinze ans à qui tu voles un baiser, que tu essaies d’impression avec un ballon, que tu essaies de faire craquer en jouant du piano. Que tu réussis à séduire.
Qui aurait dit. Je n’aurais jamais osé l’imaginer. Un rêve éveillée. Je veux être le secret que tu cries dans la rue en sentant l’adrénaline monter, le réveil de tes plus belles nuits, l’enfant qui te fait rire quand tu n’en as plus la force, l’étincelle à ta passion. Tu sais qu’avec moi, ce sera l’intensité plutôt que la durée.
Je suis prête à sortir de ma zone de confort. Prête à te voir comme une force plutôt qu’une faiblesse. Prête à faire des compromis.
Tes mots font fondre mes dernières peurs. Retiens-moi, ou je m’en vais. Éloigne-toi, avant que je ne t’emmène dans mon cocon.
Je ne sais pas comment, je ne sais pas combien de temps la passion peut durer, mais ton feu me dévore. Nos week-ends s’écrivent peut-être bien d’encre d’étoiles, récit brûlant, visible par les prochaines générations. Ne dit-on pas « star-crossed lovers« ? Des étoiles, tu en a laissé quelques unes dans mes yeux.

Laura Rosaye

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Roaccutane.

Le nom à lui seul fait peur.
Et ça, c’est sans même lire la notice et les effets secondaires possibles (si tu es une femme, lectrice, c’est encore pire). Et pourtant, en Mars 2017, je me suis lancée dans un traitement de 8 mois.

Ca, c’est moi actuellement dans ma quête de gels/Crèmes super hydratantes.

Alors qu’est ce que c’est?
Roaccutane, Curacné… C’est la même. Un traitement en comprimés, à dose variable (je suis à 30mg par jour), quotidien… Contre l’acné.
C’est un traitement à l’isotrétinoïne, ou d’après les mots de Google:

 "L'isotrétinoïne est une substance active médicamenteuse utilisée dans le traitement de l'acné. ... Il s'agit de la substance considérée comme la plus efficace contre l'acné, elle est généralement réservée afin de traiter les acnés sévères résistantes aux traitements antibiotiques associés à des topiques pendant 3 mois."

Traduction: BIG SHIT / A ne pas prendre à la légère / « topiques »… je sais pas trop, au début j’ai lu « tropiques », ça faisait tout de suite plus rêver.

Mais avant de parler du traitement en soi, on va remonter dans le temps, histoire de comprendre pourquoi j’ai choisi ce traitement.

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Je n’ai jamais eu énormément d’acné. Je n’ai pas eu une adolescence avec une peau vraiment horrible, une zone T vraiment disgracieuse. Quelques boutons réguliers cependant au niveau du front (peut-être que la frange, à l’époque, n’aidait pas non plus) ou sur le menton. Je ne me maquillais pas non plus beaucoup, je ne saurais même plus dire si je mettais du fond de teint ou pas. A la rigueur, ce qui m’embêtais plus, c’était une peau assez fine -du coup, le fond de teint servait à couvrir mes rougeurs et parfois les quelques spots qui apparaissaient.
Déjà à l’époque pourtant, le regard des autres étaient difficiles, encore pire lorsqu’on a 14 ans et qu’on se compare à ses copines, à la peau nickel.
Puis arrive la première prise de pilule (quel instant magique), où les petits boutons hormonaux, du coup, s’en vont. Les boutons restant sont toujours présents, mais assez petits et supportables (traduction: faciles à cacher avec le fond de teint).

Prépa, ça va encore. De toute façon, c’est pas comme si je sortais, j’avais mon copain de l’époque qui ne faisait plus vraiment la différence entre ma tête de j’ai passé toute la nuit sur ma dissertation de philo et ma tête habituelle, et mon acné n’étaient clairement pas une de mes principales préoccupations. Hum. Et puis, let’s be honest, j’avais oublié toute notion de drague/flirt, voir tout principe de « se sentir belle » ces deux années. Du coup, ma peau allait relativement bien, donc je m’en suis fichue. J’ai arrêté la pilule pour passer à une méthode sans hormones, ce qui m’allait très bien aussi. Je ne parlerai pas dans cet article de la pilule, du poids qu’elle m’a fait prendre ou des battements de coeur super irréguliers qui ont suivi la prise de cette dernière -lol.

Puis l’arrivée en école de commerce. C’est un peu le grand saut dans le vide, où tu te rends compte en fait qu’il y a bien plus intéressant que de passer son temps le nez dans les bouquins… C’est un peu comme si tu sortais d’une période de jeûne et qu’on te tends un McDo : c’est pas le meilleur, mais c’est tellement bon par rapport à avant! Après deux ans de vie à Lille, (attention spoilers), j’ai découvert qu’il y avait autre chose que ma prépa, mon bureau et le musée des Beaux-Arts : Des bars! Ouais, incroyable.
Les sorties, les rencontres, les nouveaux potes, le fait que je me retrouve célibataire… Ca m’a fait me remettre pas mal en question. « Et si je reprenais le sport tiens? » ou encore « Et si je reprenais soin de moi? »
– Attention, j’ai toujours pris soin de moi. C’est un peu la politique des femmes de ma famille. Je n’ai jamais vu ma mère, ma grand-mère… Se négliger. On va juste dire que j’étais plus encouragée en école de commerce. Si je partais, à Faidherbe, en gros sweat et pas maquillée, ç’aurait été… Eh bien, comme tous les autres. Si je débarquais en école de commerce comme ça, j’aurais eu des remarques du genre « Oh, j’en connais une qui a fait la fête hier soir »… héhé non, c’est ma tête sans maquillage, oui j’ai des cernes je sais.

Mais c’est là que tout à changé.
Fin de première année en L3, mon visage commence à changer. Des boutons un peu plus persistants qu’avant. Un peu plus nombreux. Un peu plus persistants. Je me dis que je pars bientôt en voyage humanitaire, que ma peau va prendre de la vitamine C et que deux mois sans maquillage arrangeront le tout – vous imaginez que si c’avait été le cas, je ne vous en parlerais pas aujourd’hui.

Quelques mois passent, et ça ne s’améliore vraiment pas. Deuxième année en école de commerce, je retape ma L3 (quelle idée aussi, de passer d’une prépa littéraire, sans jamais avoir eu aucun cours d’économie, de tout plaquer pour cette école! Evidemment, je ne savais pas ce qu’était une dérivée en arrivant ici, donc parler de gestion et de micro-économie…).
Encore pire, je commence un stage chez Camaïeu : je passe la quasi-totalité de mes journées avec des mannequins (genre, vraiment, je suis au showroom), les make-up artistes, cette période est assez compliquée pour moi physiquement (je me compare énormément, pas bien dans ma peau, j’ai la très bonne idée de me teindre les cheveux en blond -aaaah mon dieu).
Je n’étais plus sous pilule, je vais voir ma médecin: c’est de l’acné hormonal, pas dû à mon alimentation ou manque de sport, elle me prescrit des crèmes locales. Qui ne fonctionnent pas et pire, qui font peler ma peau. Le combo peau sèche + grasse + acnéique + qui pèle est absolument horrible.
Tu ne sais pas quoi faire. Est-ce que je mets juste de la crème hydratante, avec pour risque d’avoir de nouveaux boutons? Est-ce que je mets du fond de teint super couvrant pour cacher la misère, sachant que ça va faire un rendu absolument dégueulasse ? Est-ce que j’essaie de ne rien mettre? Mais non, la dernière option n’est pas possible, parce que ta peau te tire à mort et tu ne supportes pas, tu as honte de ça.

Troisième année d’école de commerce, je passe finalement en M1. En Alternance. Dans une boite de mecs. Je relativise beaucoup: tout le monde est pro, je ne me sens pas jugée -encore moins pour mon apparence- et j’ai retrouvé l’amour. Et ce garçon là (oui, je sais que tu lis l’article) ne me juge clairement pas pour mon acné. Pourtant, hiver 2016, mon acné empire comme jamais. Et là, c’est le combat pour trouver LE fond de teint le plus couvrant de la terre, jusqu’à ce que ma peau dise stop. Grosse crise, une semaine de boulot, ou je pèle d’absolument tout le visage : je te dis pas la peur que j’ai eue en me réveillant le matin comme ça, me promettant de ne plus mettre cette crème « anti-boutons » que ma médecin m’a donnée, en me tartinant d’homéoplasmine. J’en suis limite à la crise de larmes, ça fait déjà plusieurs semaines que, lorsque je vais me coucher, démaquillée à côté de mon copain, j’ai honte, je n’aime pas quand il a sa tête trop près de moi parce que ça veut dire qu’il a la tête près mon acné, que ça me répugne et que je ne veux pas le répugner lui. Même s’il me dit que ce n’est pas le cas.
Cet hiver, c’est la pire poussée que je n’ai jamais eue. Et quand je dis pire poussée, je sais que tout est relatif, et que vous en avez peut-être déjà eu plus que je n’en ai eu à ce moment là. Pour moi, c’était des plaques sur mes tempes et joues, le long de ma mâchoire. Des boutons pas forcément rouges, donc pas forcément super visibles à travers du fond de teint -au moins je pouvais les cacher un peu-, mais sous-cutanée, qui me font mal.

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La prise de conscience ? J’avais déjà entendu parler de Roaccutane. Pour moi, comme sur de nombreux forums, c’était le maaaaaal.
Mais cette fois, je reviens du boulot, je suis assise dans le métro. Et là, je vois une femme d’une bonne trentaine d’année, assise en face de moi. Elle a autant de boutons que moi.

Ma première pensée est « Je n’oserai jamais me balader sans fond de teint si j’étais elle »
Ma deuxième « Purée, c’est quand même chaud ça. Je n’oserais jamais. J’aimerais tellement pouvoir me lever le matin et aller bosser avec juste un peu de mascara. »
Ma troisième « Je peux pas continuer comme ça ».

Et c’était parti.
Deux semaines plus tard, ma maman se sacrifie et me laisse son créneau chez son dermatologue, il me dit que mon acné est plutôt sévère, qu’il faudra huit mois de traitement.

D’ici là (coucou les filles qui y sont passées aussi), c’est engagement de prendre une contraception efficace pendant tout le traitement (je n’ose même pas vous raconter ce que j’ai lu dans le livret d’informations), avec pour retirer la prescription/médicament chaque mois, la preuve que je ne suis pas enceinte (tu l’as compris, ça veut dire une prise de sang par mois : Yes! Toujours pas enceinte).
Deuxième inconvénient : TOUS.LES.JOURS. Deux capsules tous les jours pendant huit mois. Yes c’est long, mais bon c’est comme la pilule: on prend l’habitude.
Troisième inconvénient : sécheresse cutanée bonjour! Le traitement -j’avoue ne pas savoir exactement ce qu’il fait- a tout séché : mes cheveux (je me lavais les cheveux tous les deux jours, maintenant ils peuvent rester sans lavage pendant trois à quatre -mais pas sans après-shampooing); mes lèvres (alors là, c’est tartine de baume à lèvres non stop, night and day) et mes bras (le soleil de San Diego a laissé mes bras/dos version dalmatien, j’ai plein de petits spots de sècheresse derrière les bras. Ce n’est pas grand chose, mais c’est pas super agréable non plus.

L’effet secondaire qui fait surtout parler de lui?
Ce médicament aurait tendance à rendre les personnes le prenant dépressives, avec des sautes d’humeur; ou chez les personnes déjà dépressives, pourrait les conduire à « passer à l’acte » (et on parle pas de faire l’amour, là).
Est-ce que j’ai senti cet effet? Pas vraiment. Je suis peut-être un peu plus susceptible (J’AI DIT PEUT-ÊTRE OK?!), mais je n’ai pas eu d’épisode de tristesse particulière dû au médicament (ou en tout cas sans raison particulière).

L’efficacité?
Au début, je m’attendais à une recrudescence de boutons dans les deux premières semaines : elle n’est pas vraiment venue, c’était déjà assez moche comme ça. Cependant, c’est vraiment au bout de deux mois que j’ai commencé à voir de nets changements. Wow. Ca faisait du bien! J’avais encore quelques boutons par ci, par là, mais rien en comparaison par rapport à avant. Clairement, le ratio effets secondaires/efficacité est pour moi super bon. Est-ce que si c’était à refaire, je le referai? Ah, mais je l’aurais même fait beaucoup plus tôt!

C’est un peu comme quand tu te fais poser un appareil dentaire. Sur le coup tu détestes ça, et une fois fini, tu te détestes de ne pas l’avoir fait plus tôt vu le joli résultat que ça fait.

Je peux enfin sortir non maquillée. J’ai abandonné le fond de teint, la BB Crème etc. Je peux passer la journée non maquillée sans me sentir horrible. Je n’ai pas honte que mon copain, que mes amis me voient comme ça. Ca fait tellement de bien! Soupir de soulagement.

Et puis j’ai commencé à en parler autour de moi. Mes ami(e)s m’ont complimenté sur ma peau. Ca m’a fait me sentir encore mieux. D’autres ami(e)s m’ont dit avoir fait ce traitement aussi quand ils étaient plus jeunes, ils m’ont rassuré, donné des conseils, encouragé. Et au final, alors que je n’osais en parler à personne… C’est un, deux, presque dix personnes autour de moi qui m’ont dit que, eux aussi avaient eu ce traitement. Et d’autres qui m’ont dit qu’ils en avaient entendu parler, qu’ils n’avaient pas osé le faire, mais qu’après les résultats qu’ils avaient vus sur moi, ils allaient le reconsidérer.

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Yes, cette fille sur la photo n’as pas de fond de teint, et n’est pas passée via photoshop pour camoufler ses boutons.

Je ne cherche pas ici à faire la publicité de ce médicament -qui en reste un, avec de sérieux effets secondaires; mais plus à vous faire tirer des leçons là-dessus.
Ou comment un désavantage physique peut vous rendre mal, à vos yeux et aux yeux des autres. Je ne parle pas dans cet article de ceux qui se moquaient de moi pour mon acné, ils ne méritent pas d’être mentionnés. Au contraire, à quel point le soutient de vos proches, de vos amis, vous aide à aller de l’avant. ce combat contre l’acné, je ne l’ai pas mené seule. C’est derrière ça, des années de pleurs consolés par ma famille, lorsqu’ils essayaient avec moi de trouver des solutions. C’est du mal-être, même si ça reste physique, parce que tu sais (ou tu crois savoir, à tord), que les gens te jugent d’abord parce qu’ils voient de toi -et dans ce cas là, ton visage est ce qu’ils voient en premier lieu. Le principal, ce que j’aimerais qu’en lisant ces derniers mots, c’est que tu réalises que tu n’es pas seul.

Rosalie

wolf

 

La passion du frisson.

Partir à l’aventure : au bout de la rue, au bout du monde. Un premier baiser. Rentrer tard le soir quand les rues sont vides. Courir à en perdre haleine. Rire à gorge déployée, le souffle coupé, envie de sauter partout. Le frisson qui te remonte tout le long de l’échine et te laisse un sentiment bizarre, entre étourdissement et plaisir.

Le sentiment qui te serre la poitrine, entre excitation, anticipation et peur alors que tu t’apprêtes à sauter dans le vide. Celle qui fait trembler tes genoux, te fait éclater de rire alors que tu dévales les montagnes russes, et te vide d’un coup lorsque tu descends du manège.

L’impression de voler, de te sentir pousser des ailes et de haïr tout ce qui pourrait te maintenir au sol, te laisser derrière la vitre à contempler la vie que tu pourrais avoir sans oser la tenter.

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Et toi, tu sens quoi quand tu sors de ta zone de confort, quand tu laisses libre court au rush d’adrénaline, quand tu laisses toutes tes émotions s’exprimer librement?
Une élan de vie, un feu dévastant tout sur son passage, une boule d’énergie qui peut aussi bien te consumer que te faire avancer…

Une histoire de génération? Je pense qu’il s’agit plutôt d’une histoire de jeunesse: on peut n’avoir envie de rien à 20 ans, ou n’avoir peur de rien à 60 ans. L’envie de vivre vite, tout de suite, ici et maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

Peut-être que c’est un truc de jeunes: on n’a pas encore compris tout ce qui était en jeu. Peut-être que c’est un truc de vieux : on n’a plus de temps à perdre, on a compris qu’il y avait plus à vivre que de se laisser vivre, que la routine n’est pas assez. Survivre ou vivre.

Prendre la route sans savoir vraiment où tu vas atterrir, grimper sur une moto, partir seul(e) à l’aventure, suivre un(e) inconnu(e), faire confiance, avoir confiance. Confiance en toi, confiance en les autres, confiance en les opportunités qui s’offrent à toi si tu daignes tendre la main, confiance en la vie.
Toujours plus haut, toujours plus loin, quitte à se brûler les ailes – il faut bien être pris pour apprendre (et au pire on s’en fout).

Rosalie
wolf