La passion du frisson.

Partir à l’aventure : au bout de la rue, au bout du monde. Un premier baiser. Rentrer tard le soir quand les rues sont vides. Courir à en perdre haleine. Rire à gorge déployée, le souffle coupé, envie de sauter partout. Le frisson qui te remonte tout le long de l’échine et te laisse un sentiment bizarre, entre étourdissement et plaisir.

Le sentiment qui te serre la poitrine, entre excitation, anticipation et peur alors que tu t’apprêtes à sauter dans le vide. Celle qui fait trembler tes genoux, te fait éclater de rire alors que tu dévales les montagnes russes, et te vide d’un coup lorsque tu descends du manège.

L’impression de voler, de te sentir pousser des ailes et de haïr tout ce qui pourrait te maintenir au sol, te laisser derrière la vitre à contempler la vie que tu pourrais avoir sans oser la tenter.

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Et toi, tu sens quoi quand tu sors de ta zone de confort, quand tu laisses libre court au rush d’adrénaline, quand tu laisses toutes tes émotions s’exprimer librement?
Une élan de vie, un feu dévastant tout sur son passage, une boule d’énergie qui peut aussi bien te consumer que te faire avancer…

Une histoire de génération? Je pense qu’il s’agit plutôt d’une histoire de jeunesse: on peut n’avoir envie de rien à 20 ans, ou n’avoir peur de rien à 60 ans. L’envie de vivre vite, tout de suite, ici et maintenant avant qu’il ne soit trop tard.

Peut-être que c’est un truc de jeunes: on n’a pas encore compris tout ce qui était en jeu. Peut-être que c’est un truc de vieux : on n’a plus de temps à perdre, on a compris qu’il y avait plus à vivre que de se laisser vivre, que la routine n’est pas assez. Survivre ou vivre.

Prendre la route sans savoir vraiment où tu vas atterrir, grimper sur une moto, partir seul(e) à l’aventure, suivre un(e) inconnu(e), faire confiance, avoir confiance. Confiance en toi, confiance en les autres, confiance en les opportunités qui s’offrent à toi si tu daignes tendre la main, confiance en la vie.
Toujours plus haut, toujours plus loin, quitte à se brûler les ailes – il faut bien être pris pour apprendre (et au pire on s’en fout).

Rosalie
wolf

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Hygge : La méthode danoise anti-coups de blues.

Cela fait quelques semaines déjà que l’été nous a abandonné. Exit les shorts et les jupes, les sandales et chapeaux… Et bonjour le retour des vestes, voire même les pulls et écharpes (et parapluies). De quoi avoir le moral dans les chaussettes.

Quand on parle de « niveau de vie », nos amis au Nord ont tout compris. Suédois, danois, norvégiens… Vous aussi vous avez l’image d’un appart blanc et bois, super sophistiqué, avec une tartine d’avocat/saumon ? #Clichés

Il n’empêche. Pour la rentrée, pour vaincre le mauvais temps et la mauvaise humeur qui vient avec (je n’ai pas dit que vous étiez tous ronchons, juste que le ciel gris a une influence sur notre façon de nous réveiller le matin), on se fait une petite cure de Hygge! Allez, range tes boulettes et ton tapis Ikea, on décrypte le phénomène.

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First things first comme disent les anglais… C’est quoi le Hygge?
« La recette danoise du bonheur« , à prononcer « hou-ga » pour rester « in ».Et non, pas de traduction en français, et c’est bien plus classe comme ça. Mais on pourrait traduire ça par « confortable » ou « chaleureux ».
En gros, c’est le sentiment que tu as lorsque tu es sous ta couette quand il pleut, ce bien-être que tu ressens en buvant un chocolat chaud dans un café avec des amis… Le but? Retrouver ces petits bonheurs qui ne s’achètent pas, d’une société de consommation à une société de contemplation. Se contenter des petits riens au quotidien.

En application?
On se crée un petit cocon à la maison, au bureau, à emporter partout avec soi!

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L’atmosphère

Éteindre les lumières dures (ou bien, go chez Carrefour acheter des ampoules à basse consommation, en faisant attention à en prendre une avec une teinte chaude), et bonjour les lumières tamisées! Le feu de la cheminée, des bougies… L’ambiance est plus douce, plus chaleureuse, et il est donc plus facile de se détendre! Que ce soit dans la cuisine, le salon, la chambre ou la salle de bain! C’est quand même plus agréable d’avoir plusieurs petits spots de lumières douce plutôt qu’un grand néon aveuglant.

Favoriser les textures confortables au toucher et aux yeux: on préfère le bois, les plantes vertes; plutôt que du verre ou du béton. Je n’ai rien en soi contre ces matières, j’en ai aussi chez moi, mais il s’agit d’un ajustement!
On favorise les couleurs chaudes, les plaids, les coussins, les tapis… Oui, tu as aussi l’image d’un énorme plaid en (fausse) fourrure, version polaire kangourou?
Vois ça comme un pull: tu es mieux dedans lorsqu’il est tout neuf, tout troué, ou lorsqu’il a été assez porté pour que le tissu soit doux, à la limite du bouloché, détendu comme il faut pour être parfaitement confortable? Le Hygge, c’est se sentir bien dans son pull/sa maison, autant au niveau du confort, du visuel, du sentimental… Si tu n’arrives pas à jeter ce vieux pull, c’est qu’il y a une raison.

Minimalisme : faire le plus avec le moins. Fais un tri dans tes affaires pour garder la tête claire dans tes idées, dans ton armoire, dans ton appartement… C’est aussi un gain de temps pour retrouver quelque-chose, cette fois en un seul coup d’œil !

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Se mettre en condition

Maintenant que les meubles sont posés, qu’est-ce qu’on fait?
Éteindre le portable. Se déconnecter. YES! Si tu veux passer un moment vraiment que pour toi, veux-tu vraiment te prendre la tête avec toutes les notifications/mails extérieurs? Ce sont des moments que tu ne prends que pour toi. Alors, si tu attends un appel, ok, tu peux laisser la sonnerie de ton portable. Mais de règle générale, tu peux aussi désactiver les notifications pour certaines applications : au pire, tu devras les checker de temps en temps; au mieux ça va te libérer d’un poids.

Se mettre au chaud : ton chez-toi est ton refuge. Ton chez-toi, ta chambre, au bureau, mais aussi dans ta peau.
OUI aux gros pulls! OUI aux grosses chaussettes! OUI aux aux plaids tout doux (et à s’enrouler dedans)! Si tu as froid, vas dans ton igloo (hygge…igloo… tu l’as?).

Se faire plaisir sans y regarder. Le Hygge, c’est aussi les thés, chocolats chauds, et biscuit qui vont avec. Comfort Food! Rester réchauffés, que ce soit avec un café latte ou une soupe maison. Les activités comme la cuisine te permettent également de passer du temps avec tes proches, avec toi même, de ralentir et de déconnecter du boulot, des réseaux sociaux, des responsabilités…Sans compter que cuisiner maison (oulàlà, si tu achètes bio ou local en plus…) c’est super bon! Niveau goût (eh oui, tu mets ce que tu veux, dans les quantités que tu le veux), pour la planète, et nutritivement aussi! De quoi faire le plein de vitamines, et de quoi te vanter à la cafet’ au boulot (« Eh eh, ouais c’est moi qui l’ai fait -petit(e) vantard(e)…).Et après, ça sent super bon dans ton appartement.

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Inviter les bonnes personnes

Ce n’est pas nouveau: tu n’as besoin dans ta vie que de personnes qui te tirent vers le haut. La jalousie, la médiocrité, la négativité… Non, non, non.
Pour profiter pleinement de ces moments de coziness absolue, cette philosophie danoise propose de la partager. Passez du temps dans la nature ensemble, écouter de la musique avec un bon livre, des soirées filles/mecs, un cinéma ensemble, une soirée jeu ou un repas (les apéros bien bien arrosés où tu finis en boite, c’est pas forcément hygge non). C’est posé. Hygge, ce n’est pas qu’un joli appartement et du temps pour soi. C’est avoir sa bulle de bonheur, la partager, et partager sa bulle de bonheur avec ses proches.
Être reconnaissant pour tous ces petits bonheurs, profiter du moment présent sans se soucier du passé ou du futur, laisser les dramas devant la porte d’entrée…

Le but?
Faire de ton chez-toi, mais aussi de ta petite bulle personnelle et de tes amis proche un refuge. Un endroit où tu te sens bien, où tu lâches le masque, où tu te détends complètement.

Ça ne donne pas envie?

Rosalie
wolf

Pression, bonnes habitudes & rêves.

On dit qu’il faut 21 jours pour créer/se défaire d’une habitude. Qu’il s’agisse de perdre du poids, de retourner au sport, d’arrêter de fumer, de se lever plus tôt, de lire dix pages d’un livre par jour…

On dit aussi de se méfier des « on dit ». Tu peux trouver une multitude, une infinité d’articles sur le sujet. « 20 petites habitudes qui feront de vous une personne meilleure/plus productive/plus appréciée…[ce que tu veux]« . Il n’y a pas forcément que du mauvais, au final ces « conseils » sont positifs…mais quelle pression.

Être « healthy », avoir une vie de couple épanouie, une carrière au top, une garde-robe nickel, une peau parfaite, une maison Pinterest, un physique MyProtein et une passion dans laquelle tu excelles. Tout en mangeant vegan et bio.
Quelle pression.

Tu n’échappes sûrement pas à tout ce que j’ai cité ci-dessus. Je n’y échappe pas non plus. Avec la peur de ne pas être satisfait si un des critères vient à manquer. Avec la peur d’être jugé pour tes kilos en trop ou ton célibat alors que les relations autour de toi s’ancrent et se projettent. C’est à se demander pourquoi on s’alourdit de tâches, s’entoure de zen pour compenser, part en burn out en rêvant de tout plaquer (ou un bore out, pas forcément mieux non plus).

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Et qu’en serait-il si cela n’existait pas? S’il n’y avait aucune pression? Si tu étais absolument libre de mener ta vie comme tu l’entends? Qu’en serait-il de ton travail/études actuels? Qu’en serait-il de tes relations avec les autres? Des amitiés que tu ne gardes que par intérêt? Une relation dans laquelle tu ne restes que par habitude, ou parce qu’il faut bien qu’à un moment, tu te poses dans la vie? Qu’en est-il de tes rêves?

Si, en lisant cet article, tu pouvais te poser et juste… Tu sais quoi? Fais-le. Prends un morceau de papier -Notes sur ton téléphone ou ton ordi, c’est trop has been. Fais-le bien, prend un morceau de papier, un dos de ticket de caisse si tu n’as que ça, un stylo, et commence.
Si tu pouvais faire absolument tout ce que tu voulais, sans problème financier, de santé, sans peur de blesser qui que ce soit. Qu’est-ce que tu ferais? Est-ce que tu ferais la grasse matinée tous les jours,  que tu passerais ta journée à faire de la guitare, avant de finir en grosse soirée avec tes potes? Est-ce que tu plaquerais tout pour voyager? Est-ce que tu t’engagerais pour une cause humanitaire? Est-ce que tu monterais un élevage de chats? Il n’y a pas de limites. De quoi rêvais-tu quand tu étais petit?

Mais surtout… Pourquoi est-ce que tu as oublié ces rêves? Pourquoi les as-tu mis de côté? Sont-ils conciliables avec ta vie d’aujourd’hui? Oui? Fonce! Si non, serais-tu plus heureux en les réalisant, ou en continuant à vivre ainsi…

Alors oui, des décisions aussi radicales que « Partir vivre dans un ashram en Inde » peuvent être plus difficiles à réaliser que « prendre des cours de piano ». Et pourtant, si c’est ça qui te fait vibrer…
Tu peux pourtant, avec les « bonnes habitudes », commencer par changer 2-3 choses pour améliorer ton quotidien. Pas forcément la liste Elle ou Biba, te proposant un changement tout à fait extrême à base de kale et de boxe finlando-brézilo-suédoise.
Baby steps. Un pas à la fois. Réfléchis à ce qui te ferait du bien, ce que tu penses être capable de tenir sur le long terme, et surtout pas à toutes les habitudes que tu pourrais prendre d’un coup, genre tout en même temps. Pas ce que les autres voudraient, mais ce que toi tu voudrais ajouter à ta vie. Si tu te sens bien avec ces 5kg en trop, pourquoi te frustrer pour les perdre? Tant que ce n’est pas contre tes valeurs, tout est possible.

Personnellement, les habitudes que je veux prendre?

Me remettre au sport.
Cela fait pas mal de temps que j’ai perdu l’habitude, ma régularité à aller à la salle/courir/faire du yoga. Pourquoi même me remettre à la danse.

Poser le portable.
Oui, Rosaloup n’est pas mon seul taff. Je suis toute la journée sur un ordinateur, sur les réseaux sociaux, et je n’ai pas vraiment l’occasion de déconnecter. J’aime ça, et oui je ne culpabilise pas à surfer sur Instagram, à tester les filtres du jour sur Snapchat, à checker mes emails et rester alerte pour mes notifications LinkedIn. Et pourtant, juste rentrer chez soi le soir, se poser devant Netflix et éteindre messenger, aller boire un verre et laisse le portable au fond du sac (mode sourdine activé), se faire couler un bain avec un livre et un thé…

Prendre plus de temps pour mes proches.
Appeler ma maman, papi-mamie, envoyer ENFIN mes cartes postales de San Diego, aller boire un verre  avec mes potes #RosalieFantôme (désolée si vous passez par là), aller au cinéma avec mon chéri, passer au bar à chiens entre filles…

Prendre plus de temps pour moi.
Lire la tonne de livre que j’ai achetés chez Amazon au début de l’été, continuer à écrire pour Rosaloup (et autres), continuer/commencer un livre?, reprendre le dessin, reprendre la méditation.

Voyager.
Que ce soit en Belgique, en Europe, en France, ou bien plus loin… Re-planifier au plus vite un nouveau voyage pour continuer à rêver!

Et vous?
Vos rêves, vos doutes, vos bonnes résolutions… Qu’est ce que c’est?

Photo de couverture – Oléron
Photo dans l’article – Ombre portée au Cambodge.

Rosalie

wolf

Sortir de sa zone de confort.

 » Personne n’est mort d’inconfort, et pourtant, vivre au nom du confort a tué bien plus d’idées, d’opportunités, d’actions, et de maturité que toute autre chose. Le confort tue! »
– T. Harv Eker.

Aller parler à cette jolie fille au bar. Voyager seul. Partir travailler à l’autre bout du monde. Changer de boulot. Se mettre au sport. Prendre des nouvelles de ses grands-parents qu’on n’a pas vu depuis un bail.

Toutes ces actions ont un point commun: elles peuvent paraître tout à fait faciles à réaliser, ou bien tout à fait inimaginables. Et pourtant, ce qui est facile pour toi ne le sera pas pour moi. Cependant, comment sortir de la routine, comment se faire plaisir, comment avoir le sentiment d’être vivant si tu ne sors pas de ta zone de confort?

En sortant de ton cocoon, tu rencontres de nouvelles personnes. Le succès est plus doux s’il a été difficile. Cet état de peur dans lequel tu peux être, d’inquiétude? Tu l’oublieras vite pour n’en retenir que le meilleur, cet état « d’anxiété optimale » te permets d’aller plus fort, plus loin, de tenir plus longtemps. Et lorsque tu te retournes, pouvoir te dire « j’ai fait tout ça, sans rien ni personne, alors que je ne m’en pensais pas capable ». Et regarde-toi, maintenant que tu l’as fait!
Visualise un serpent: s’il ne mue pas, il meure. En restant dans ton ancienne peau, penses-tu pouvoir te sentir vivant encore longtemps? Ce frisson, l’adrénaline, analyse le, retiens le, grave le en toi. Est-ce que c’est de la peur, de l’envie, du désir, de la fierté?

L’inconfort est seulement temporaire, tu ne dois pas avoir peur de ce qu’il y a en dehors de ta bulle. Ce qui peut te faire peur à toi, peut peut-être être tout à fait normal pour quelqu’un d’autre, ou même inimaginable par une autre personne. Au final, ce qui t’impressionnait avant, une fois que tu l’as fait, n’est plus qu’une expérience, voire une habitude. Personne ne se lance dans un marathon sans avoir jamais couru. La première course, peut elle aussi être source d’anticipation (« je n’ai pas de souffle », « je vais devenir tout(e) rouge »,  » je n’ai personne avec qui courir »…).
Toutes les situations, peut importe leur degré d’embarras, ne sont pas un souvenir cuisant qui restera à tout jamais dans ton esprit, marqué au fer rouge, retenu par toutes les personnes présentes (en fait, elles ne s’en rappelleront pas, alors que toi tu resteras bloqué(e) dessus).

Des actions spécifiques entraînent des résultats spécifiques. Tu veux devenir un athlète? Travaille-le. Tu veux gagner plus d’argent? Travaille-le. Tu veux être heureu(se)x? Travaille-le.

Il y a dix ans, où étais-tu et où te voyais-tu? Dans dix ans, où te vois-tu? Et qui aimerais-tu être?
Alors demande à avoir ce que tu veux. Donne le toi. Lève toi tôt. Ose dire non, ose dire oui. Prends les compliments – et retiens les. Prends les critiques. Admets et apprends de tes erreurs. Prends la parole, même lorsque tu ne te sens pas légitime. Arrête la procrastination. Laisse-toi aller. N’aie pas peur du jugement. Dépasse le jugement. Fais-toi confiance. Petits pas par petits pas. Fais-toi peur au moins une fois par jour. Nage contre le courant si tu dois le faire. Vois l’échec comme un passage obligatoire, régulier, pas comme un obstacle définitif. Mais surtout, fais-le pour toi, et prend soin de toi. Accepte d’être vulnérable. Accepte l’aide autour de toi. Demande-leur « Qu’est ce que tu ferais si tu étais à ma place? ».

Tu en es capable. Il suffit juste de prendre confiance en toi, d’y aller petit à petit. A force de creuser une idée, de la mener en long, en large, en travers, tu n’agis pas. Plus tu élargis ton champs d’action, et plus d’opportunités s’offrent à toi. Les mauvaises expériences feront au mieux de bonnes histoires à raconter, au pire des leçons à méditer. Autorise toi, prépare toi à changer. Maintenant et pas plus tard, seul(e) ou pas.

Photo : île d’Oléron, 2017.

Rosalie

wolf

California Dreamin’

« I will love you in memories, and the memories will be many. »
– Tyler Knott Gregson, Wildly into the dark.

San Diego, Juin 2017.
Je t’aimerai à travers mes souvenirs, et ils seront nombreux.

Je vois les palmiers, le drapeau américain flotte au-dessus de ma tête, le ciel bleu sans nuages et les falaises. J’emprunte les larges routes, suivant les pancartes vertes du regard, guettant les tags plus artistiques les uns que les autres sur les murs de la ville. J’arpente les boulevards bordés de cocotiers, m’indiquant la voie à suivre. La plage au bout de Saratoga Street, l’avancée jusqu’au Pacifique, les cabines crème et les surfs posés sur la plage. Les chiens en liberté à Dog’s Beach, les rires, Coco et sa petite fleur au collier, et Freckles s’attaquant aux huskies.

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Je vois les falaises de Sunset Cliffs, les petits crabes se cachant dans les rochers, la chasse aux coquillages. L’Hollywood Sign, le gigantesque T-rex du McDonald, les skaters de Venice Beach, les torses nus de Muscle Beach, les couleurs rivalisant avec le ciel et les vagues.

Le flou lumineux et coloré de la fête foraine, nos joues bleutées, nos bras armés d’une centaine de peluches douces et souriantes, malgré les affreux cornichons au bacon. Belmont Park et ses montagnes russes, une balade autour de Mission Beach. Balboa Park, ses lumières de nuit, et le musée du cannibalisme. Les mercredis au marché fermier d’OB.

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Je frémis à l’approche de ma première vague, l’océan m’attrape par les hanches et ne me laisse plus partir. L’oubli de la wax. Les raies pastenagues américaines à mes pieds. Les vagues du siècle coiffent mes cheveux de vagues blondes. Je frissonne sous l’aiguille, sous la sensation de l’eau fraîche remplissant les manches de ma combinaison de surf par les vagues, ces vagues qui tour à tour me poussent plus loin vers l’étendue, plus proche du rivage. La tête sous l’eau, j’ai bu la tasse, mais je suis (presque) devenue une surfer professionnelle.  Le vent sur mes bras encore mouillés, la chair de poule et le coeur qui se bat plus fort en attendant le « Green Flash », puis en y goûtant.

La gorge qui se serre en admirant le coucher de soleil aux couleurs d’une barbe à papa à Ocean Beach, essayant de capturer l’instant, la chaleur du soleil et l’odeur de la brume marine. C’est peut-être ça, le but ultime. The purpose of life.

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J’ai le vertige sur le pont suspendu, j’ai le vertige en entendant résonner dans mes côtes les clameurs des supporters des Padres de San Diego. J’ai le vertige sur la planche de paddle en remarquant les otaries à mes pieds, les écureuils des sables, les bébés mouettes prenant leur premier envol. J’ai la tête qui tourne à Seaport Village, rêveuse parmi les mares aux canards et les lumières.

J’appréhende parfois, le matin, lorsque je me réveille seule et sais que je suis tout à fait solo. L’adrénaline monte et je me sens forte, libre, capable de tout.
Eblouie par les lumières de San Diego la nuit au Hyatt, le malaise d’être en jogging/baskets quand il s’agissait d’être sur son 31.
En contemplant l’ampleur du dégât, coup de soleil à Windansea Beach et La Jolla.

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Je goûte un Slim Jim, enroulée dans mon plaid, à l’arrière d’une voiture, les jambes dans le vide, regardant Wonder Woman (pew, pew, pew) sur un écran à l’air libre. Du popcorn sauce salsa piquante en attendant la balle de match. Des macaronis au fromage beaucoup trop copieux. Les meilleurs Taco au monde. Réveillée par une odeur de café frais. Un baume à lèvres à la menthe poivrée, et un chewing-gum à la cannelle.

J’entends le lit grincer, et au dessus les avions qui me rappellent que je devrais en prendre un bientôt, moi aussi. Les aboiements protecteurs de Freckles devant la maison, et ses morsures si quelqu’un ose s’approcher de trop près.

Je souris devant la Kissing Statue, le long du port. Je ris en parcourant les histoires de mon cowboy, en échangeant avec mes conducteurs Uber, à la soirée bingo avec les Drag Queens. Je n’aurais jamais pensé glisser un billet d’un dollar dans le string d’un monsieur.

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Je pleure le retour, un dernier au-revoir et je cours entre les avions. L’esprit agité, ne pas y penser, les tasses pour agrandir la collection dans le sac -qui sera fouillé, les nerfs qui lâchent avec la fatigue entre colère et éclats de rire.

L’incompréhension une fois revenu(e) à la maison, lorsque ce que tu appelles « la maison » ne l’est plus. Lorsque tu ne sais pas trop où tu es, si tu es vraiment parti(e) ou si ce n’était qu’un rêve?
Le lendemain, le surlendemain, se réveiller avec l’impression d’avoir fait une erreur en reprenant l’avion pour rentrer.
Se promettre d’y retourner. Regretter d’avoir des responsabilités, attendre avec hâte de pouvoir les déléguer. Être tiraillé(e) entre l’amour qu’on porte aux gens qui sont ici, tout en sachant que son coeur est resté là-bas. Se rendre compte qu’on est tombé(e) amoureux(se) de la ville.
Ne pas arrêter d’y penser, de se remémorer chaque moment. Calculer les heures de décalage, se demander ce qu’on ferait si on y était. Planifier, ne pas rompre le contact, même si la raison nous pousse à en faire le deuil. Et au contraire, favoriser tout ce qui peut nous y faire penser et y revenir l’équivalent de quelques minutes, lorsque le cerveau se mets en pause et accepte de profiter et de s’émerveiller autant que lorsqu’il était là-bas.
On dit qu’un voyage se vit trois fois: en le projetant, en le vivant, et en se le remémorant. J’ai aimé, j’aime, et je projette. Au passé, au présent et au futur.

Je t’aimerai à travers mes souvenirs, et ils seront nombreux.
A travers ceux déjà faits, et ceux à venir.

PS: Pour ceux et celles en mal de voyage, les photos sont toutes (ou presque), sur mon compte Instagram! Lien en bas du site ou dans la partie « contact ».

Rosalie

wolf

London Calling

C’est l’histoire d’une surprise.

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Une surprise où on part en famille, à Londres, au lieu de rester à Lille. Une histoire à la bande originale bien rock, aux klaxons des taxis noirs et de la musique d’arrivée à St Pancras. Le cri strident des ambulances, les accents incompréhensibles et les fous rires de fatigue.

Les rues où se mélangent les odeurs de fast food et de café, emportés à la va-vite par des londoniens en hâte. Les parfums indiens des échopes se mêlent à la poussière, au bitume encore chaud des pas brûlants des touristes. Les nouilles thaïlandaises, des frites à la feta, épicées de chez Five Guys, ou la cure de cafés Starbucks.

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Entre un hôtel très artistique, une ribambelle de Toyota Prius, des bus à étages et un attentat. En avoir plein les mirettes, et l’inquiétude des proches au réveil. Etre dans une si belle ville, et en voir l’envers, l’affreux. L’incompréhension.

C’est l’histoire de longues marches, arpentant Camden Market et la City, sous le nez de Big Ben. Une prise de hauteur dans le London Eye, dans le bus après la course entre deux couleurs, et un retour aux bases d’un week-end improvisé avec ses proches.

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On se presse, on prend le temps d’admirer la vue, et puis ça repart de plus belle. La complicité des moments à deux, à trois, à quatre, et les soupirs de fatigue.

Et puis le retour, rapide, et l’impression d’avoir vécu un rêve éveillé de 48 heures seulement. Pour se préparer au prochain voyage.

Rosalie

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Villa Carrée

Un lieu hors du temps
Lorsque mon taxi me dépose devant la Villa, je ne suis pas encore prête.
Mon téléphone portable dans une main, mon agenda dans l’autre, ma mallette d’ ordinateur et mon sac à main au bras, je me débrouille tant bien que mal à sortir du taxi comme l’on sort d’une longue semaine de travail : difficilement, avec hâte, avec pour finir un soupir de soulagement.
Ce soupir est également un signe d’émerveillement. Cette bâtisse, dissimulée derrière un portail et des peupliers, est impressionnante. Le cadre est en effet idyllique, le jardin , un repos pour les yeux .
L’architecture Art Déco, d’ailleurs classée au patrimoine de la ville, est une petite merveille, entre force et délicatesse, somptuosité et simplicité. Je suis accueillie par Véronique, la maîtresse des lieux : une femme sophistiquée et chaleureuse, à l’image de la Villa.
Entre le salon, chic et sobre, aux photographies et tableaux originaires d‘une galerie lilloise ; l’entrée au lustre rayonnant et l’escalier imposant.

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Le raffinement, le luxe d’une nuit
Lorsque je me réveille ce matin là, c’est emplie de satisfaction et quiétude. Les premiers rayons du soleil effleurent mes paupières, tandis que les draps en satin de coton Yves Delorme m’enveloppent tel un cocon. Le silence est d’or, et alors que je savoure ce moment, je me remémore la soirée dernière. Suis-je vraiment encore à Lille ? Tout stress, toute inquiétude de la semaine se sont dissipés pour laisser place à un état de langoureuse sérénité. J’ouvre les yeux sur la blancheur immaculée de la chambre, le parquet aux chaudes tonalités de pin…

Éveillée, reposée et détendue, je quitte à regret la chambre numéro 4 en vue du petit-déjeuner servi au salon. Déjà, j’hume l’odeur du pain frais, de la salade de fruit à la menthe, du thé des plus parfumés et du jus d’orange pressé, le tout servi dans une porcelaine griffée Guy Degrenne. Un repas sain pour un début de journée entre fraîcheur et gourmandise. Une alliance d’odeurs qui mettent l’eau à la bouche, et encore une fois, un silence qui me ferait oublier l’agitation au dehors. A table, deux néerlandais et un couple de parisiens, venus visiter Lille et ses alentours. Notre hôte, sourire aux lèvres, me demande si la nuit a été bonne, et m’enjoint de m’asseoir à une table d’un geste de la main, avant de proposer quelques activités culturelles au couple à mes côtés. Depuis la table, à côté de la fenêtre, j’ai un aperçu du jardin, de la piscine avec ses arbres entre lesquels s’épanouit un morceau de ciel bleu.

Véronique me narre avec passion l’histoire du lieu : tout d’abord acheté par un riche industriel, l’endroit est ensuite offert en tant que cadeau de mariage, avant de passer par les mains d’un architecte, puis du couple Anfriani-Egret. Quant à l’aménagement du lieu, rien n’a été laissé au hasard : l’artisanat français est omniprésent, aussi bien pour une question esthétique que morale, les volumes originaux conservés tels quels et les touches d’or et de métal martelé offrent au visiteur un lieu entre chic, raffinement et simplicité.

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Une Villa, plusieurs séjours
Si les weekends sont généralement assaillis par des couples de passage, la Villa ouvre également ses portes en semaine pour accueillir toute personne en déplacement professionnel. Vous pouvez également privatiser l’endroit pour vos réceptions et réunions voire la préparation de grands événements… Au cœur de Lille, entre Londres, Bruxelles et Paris, l’endroit regorge de personnalités différentes, gage de sa popularité et de son exception. A l’écoute de leurs clients, ses hôtes sauront faire de votre séjour un passage inoubliable, entre confort et luxe, discrétion et attentions personnalisées.

Article réalisé pour Quintessence magazine, Janvier 2017.
La Villa Carrée, 29, rue Bonte Pollet – Lille

Rosalie
wolf

Canada

Je me souviens du froid, les rues longues enneigées, l’odeur des fasts-foods. Quatre petites têtes françaises, sous leurs capuches et leurs écharpes. Les huit heures d’avion, l’arrivée à Montréal et les bus glacés où on captait le wifi.

Pas de repos pour les braves, valises déposées à l’auberge de jeunesse si chaleureuse. Tableaux color-block de buddha, aux grosses tartines de Peanut Butter et aux nombreux cafés. Les Starbucks, les sucettes à l’érable dans la glace, les saucisses et chamallows au-dessus du feu. Les lits superposés, la chaleur de la douche après une journée glaciale.

Emmitouflés tels des yétis, la nuit dans un chalet non chauffé dans une forêt, à 50km hors de la ville. Trois rivières. La journée chiens de traîneaux… Et le réveil à -40°C. La soupe chaude le midi, les saumons gelés pour les chiens, l’impression de voler…et les chutes dans les virages.

Faire du patin dans une forêt sur 12km ? Easy. Les prises d’accélération, les joues rouges et le bout du nez froid. Suivis par des petits bonbons à l’érable et d’une poutine. Le vent qui déroule ses cheveux de glace dans les arbres, les petites ampoules dorées le long du chemin, et les nuages de fumée s’échappant de nos bouches. La vie comme un tourbillon, une chute, suivie d’éclats de rire.

Retour dans la voiture de location, retour sur les routes immenses et vides, et le coucher de soleil au loin. Images vues et revues et pourtant, en vrai, à couper le souffle. Nostalgie, mélancolie, confort d’être au chaud quand dehors il fait froid.

Ballade dans les rues, Montréal, Québec, Trois rivières. Des visites, des ciels magnifiques, les statues et les chambres de glace. Art, rires, et toujours plus de fast foods. Garou dans un resto, mais pas de Céline. La motoneige, derrière Olivier et Maxime, les bosses, les accélérations et le froid persistant.

Fatigués, mais tellement heureux.

Rosalie
wolf