Rêvelise Rohart, photographe du sens(ible)

Portait de Rêvelise : Mathieu Fortrie

Quand on pense photographie érotique… On peut avoir la fausse image de photographies pornographiques, de sexes en premier plan, de rapports sans émotions, de course à la consommation du plaisir, de relations hommes-femmes/femmes-femmes/hommes-hommes stéréotypées où l’homme est un grand viril sauvage (voire violent) et la femme une créature fragile, soumise aux désirs de son partenaire.

Changez d’idée. Je ne serais pas en train d’écrire cet article s’il s’agissait de ce genre de photographie.

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Morgane au mur Proceram

Rêvelise, du haut de ses 23 ans, est photographe. Photographe érotique. Comment est-ce que ce petit bout de femme, aux traits si doux, a pu se dire un jour vouloir en faire son métier? Ce n’est certainement pas habituel.
Je la connais depuis à peu près deux ans, et ce qu’on remarque tout d’abord chez elle, c’est sa force. Sa douceur, sa sensibilité, une femme qui sait ce qu’elle veut, où elle va, et comment elle va y aller. En tant que filles, on a souvent peu de modèles féminins forts, parce qu’on ne les voit pas, où parce que les femmes nous environnants n’osent pas s’affirmer. Rêvelise est un des modèles féminins de ma génération, et j’espère celui de la génération suivante en ce qui est d’avoir des convictions et de rester attaché(e) à ce qui nous fait vibrer.

Son style, comme un tableau minimaliste : d’apparence simple et pourtant très complexe. Tu as le sentiment, quand tu la vois, qu’il y a beaucoup de choses derrière ces yeux bleus. Comme son histoire.

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Alshams walqamar

Cette passion pour la photographie remonte à sa jeune enfance, lorsque avec son premier appareil photo (on parle là d’un appareil numérique à 2 mega pixels), elles s’amuse à prendre son quotidien : un chien, des photos  d’amis, de fleurs… Sans vraiment y mettre de sens, mais du cœur à l’ouvrage. L’adolescente qu’elle est à ce moment là se prend au jeu, avec son nouvel appareil photo, son portable. Sur son chemin, elle rencontre celui qui sera son mentor : un professeur, qui devient vite un ami, qui lui prête son reflex, qui l’éduque à l’art, ouvre ses horizons. Un éveil qui la forge, la fait devenir artiste. C’est à ce moment qu’elle comprend que photographe, ce sera son métier.

Dès lors, elle commence à photographier ses amis. Des portraits, des gueules, et à chaque fois, la patte bien distincte de l’artiste.
Et puis un jour, un couple de jeunes parents lui demande une session avec leur nouveau-né, ce qu’elle accepte. Mais le couple annule au dernier moment. Déçue, elle appelle sa voisine pour lui proposer une session photo.

« Elle était essoufflée au téléphone, comme si elle venait de monter des escaliers en courant. Pour plaisanter, je lui ai demandé si elle était en train de faire l’amour avec son mec, et elle m’a répondu que oui. Sans aucune gêne, sans aucun malaise, j’ai proposé qu’elle passe chez moi pour les prendre en photo, ce qu’elle a accepté. »

Ce que Rêvelise photographie? Des fragments d’amour : des regards intenses, des corps imparfaitement beaux, une essence bien particulière, une connexion entre deux êtres. Les corps ne sont pas nus que par le manque de vêtements, c’est bien plus intime que cela : la nudité, c’est celle d’une âme qui se met à nu face à une autre. Retrouver foi en l’amour en un cliché, avoir une image plus claire de ce qu’est l’amour sous ses différentes formes, et c’est un pari réussi.

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Le phare

« Il y a une confiance entre le(s) sujet(s) et moi que je ne peux pas briser. Ils m’invitent chez eux, sur leur territoire, et une fois que la séance photo commence, je me fais la plus petite possible. Hors de question de leur parler, de leur demander de se mettre dans telle ou telle position, je capture ce que je vois, rien n’est écrit à l’avance, il n’y a pas de scénario. »

Très sensible, elle cherche avant tout à faire passer les émotions qu’elle perçoit. Cela se ressent dans ses photos: on s’y retrouve sans effort, on admire la beauté des corps, et là est la vraie différence entre ses photos et du porno. L’acte physique n’est pas ce qui est mis en avant, mais le moment partagé est clef. On sent à travers ses photos, la tension qu’il y a entre les deux êtres, la curiosité que la photographe a sur ses sujets.

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Nouveau-né

Sa passion, pour l’instant, reste un rêve à moitié réalisé. C’est difficile de trouver des clients qui ont suffisamment d’audace et de confiance pour se faire prendre en photo dans ces conditions, puis, de se faire un réseau, parce que la confiance à créer n’est pas des moindres. Mais elle ne désespère pas. Les retours de ses clients l’encouragent à persévérer. Des détails qu’eux-mêmes n’ont pas vu sur le moment, une confiance en soi et sur son corps (nombreux sont ceux qui ont vécu cette expérience en tant qu’acceptation de leur corps -et se sont trouvés beaux), et l’émotion de redécouvrir leur amour sous un nouveau jour.

Ce que je retiens de notre interview? Beaucoup de curiosité de ma part parce que complètement étrangère à ce milieu (pour le coup, cela m’a fait sortir de ma zone de confort !), de l’admiration en masse pour une femme passionnée, et une session thé-petits gâteaux qui a duré bien plus longtemps que prévu, passant à toute vitesse. Merci beaucoup pour cette dose d’empowerment, de sensibilité et de douceur !

Vous pouvez retrouver le travail de Rêvelise sur ses réseaux sociaux:
Blog : www.reveliserohart.com
Instagram : @reveliserroar
Facebook : Rêvelise Rohart
Behance: revelise_rb5c6

Laura Rosaye

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Roaccutane.

Le nom à lui seul fait peur.
Et ça, c’est sans même lire la notice et les effets secondaires possibles (si tu es une femme, lectrice, c’est encore pire). Et pourtant, en Mars 2017, je me suis lancée dans un traitement de 8 mois.

Ca, c’est moi actuellement dans ma quête de gels/Crèmes super hydratantes.

Alors qu’est ce que c’est?
Roaccutane, Curacné… C’est la même. Un traitement en comprimés, à dose variable (je suis à 30mg par jour), quotidien… Contre l’acné.
C’est un traitement à l’isotrétinoïne, ou d’après les mots de Google:

 "L'isotrétinoïne est une substance active médicamenteuse utilisée dans le traitement de l'acné. ... Il s'agit de la substance considérée comme la plus efficace contre l'acné, elle est généralement réservée afin de traiter les acnés sévères résistantes aux traitements antibiotiques associés à des topiques pendant 3 mois."

Traduction: BIG SHIT / A ne pas prendre à la légère / « topiques »… je sais pas trop, au début j’ai lu « tropiques », ça faisait tout de suite plus rêver.

Mais avant de parler du traitement en soi, on va remonter dans le temps, histoire de comprendre pourquoi j’ai choisi ce traitement.

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Je n’ai jamais eu énormément d’acné. Je n’ai pas eu une adolescence avec une peau vraiment horrible, une zone T vraiment disgracieuse. Quelques boutons réguliers cependant au niveau du front (peut-être que la frange, à l’époque, n’aidait pas non plus) ou sur le menton. Je ne me maquillais pas non plus beaucoup, je ne saurais même plus dire si je mettais du fond de teint ou pas. A la rigueur, ce qui m’embêtais plus, c’était une peau assez fine -du coup, le fond de teint servait à couvrir mes rougeurs et parfois les quelques spots qui apparaissaient.
Déjà à l’époque pourtant, le regard des autres étaient difficiles, encore pire lorsqu’on a 14 ans et qu’on se compare à ses copines, à la peau nickel.
Puis arrive la première prise de pilule (quel instant magique), où les petits boutons hormonaux, du coup, s’en vont. Les boutons restant sont toujours présents, mais assez petits et supportables (traduction: faciles à cacher avec le fond de teint).

Prépa, ça va encore. De toute façon, c’est pas comme si je sortais, j’avais mon copain de l’époque qui ne faisait plus vraiment la différence entre ma tête de j’ai passé toute la nuit sur ma dissertation de philo et ma tête habituelle, et mon acné n’étaient clairement pas une de mes principales préoccupations. Hum. Et puis, let’s be honest, j’avais oublié toute notion de drague/flirt, voir tout principe de « se sentir belle » ces deux années. Du coup, ma peau allait relativement bien, donc je m’en suis fichue. J’ai arrêté la pilule pour passer à une méthode sans hormones, ce qui m’allait très bien aussi. Je ne parlerai pas dans cet article de la pilule, du poids qu’elle m’a fait prendre ou des battements de coeur super irréguliers qui ont suivi la prise de cette dernière -lol.

Puis l’arrivée en école de commerce. C’est un peu le grand saut dans le vide, où tu te rends compte en fait qu’il y a bien plus intéressant que de passer son temps le nez dans les bouquins… C’est un peu comme si tu sortais d’une période de jeûne et qu’on te tends un McDo : c’est pas le meilleur, mais c’est tellement bon par rapport à avant! Après deux ans de vie à Lille, (attention spoilers), j’ai découvert qu’il y avait autre chose que ma prépa, mon bureau et le musée des Beaux-Arts : Des bars! Ouais, incroyable.
Les sorties, les rencontres, les nouveaux potes, le fait que je me retrouve célibataire… Ca m’a fait me remettre pas mal en question. « Et si je reprenais le sport tiens? » ou encore « Et si je reprenais soin de moi? »
– Attention, j’ai toujours pris soin de moi. C’est un peu la politique des femmes de ma famille. Je n’ai jamais vu ma mère, ma grand-mère… Se négliger. On va juste dire que j’étais plus encouragée en école de commerce. Si je partais, à Faidherbe, en gros sweat et pas maquillée, ç’aurait été… Eh bien, comme tous les autres. Si je débarquais en école de commerce comme ça, j’aurais eu des remarques du genre « Oh, j’en connais une qui a fait la fête hier soir »… héhé non, c’est ma tête sans maquillage, oui j’ai des cernes je sais.

Mais c’est là que tout à changé.
Fin de première année en L3, mon visage commence à changer. Des boutons un peu plus persistants qu’avant. Un peu plus nombreux. Un peu plus persistants. Je me dis que je pars bientôt en voyage humanitaire, que ma peau va prendre de la vitamine C et que deux mois sans maquillage arrangeront le tout – vous imaginez que si c’avait été le cas, je ne vous en parlerais pas aujourd’hui.

Quelques mois passent, et ça ne s’améliore vraiment pas. Deuxième année en école de commerce, je retape ma L3 (quelle idée aussi, de passer d’une prépa littéraire, sans jamais avoir eu aucun cours d’économie, de tout plaquer pour cette école! Evidemment, je ne savais pas ce qu’était une dérivée en arrivant ici, donc parler de gestion et de micro-économie…).
Encore pire, je commence un stage chez Camaïeu : je passe la quasi-totalité de mes journées avec des mannequins (genre, vraiment, je suis au showroom), les make-up artistes, cette période est assez compliquée pour moi physiquement (je me compare énormément, pas bien dans ma peau, j’ai la très bonne idée de me teindre les cheveux en blond -aaaah mon dieu).
Je n’étais plus sous pilule, je vais voir ma médecin: c’est de l’acné hormonal, pas dû à mon alimentation ou manque de sport, elle me prescrit des crèmes locales. Qui ne fonctionnent pas et pire, qui font peler ma peau. Le combo peau sèche + grasse + acnéique + qui pèle est absolument horrible.
Tu ne sais pas quoi faire. Est-ce que je mets juste de la crème hydratante, avec pour risque d’avoir de nouveaux boutons? Est-ce que je mets du fond de teint super couvrant pour cacher la misère, sachant que ça va faire un rendu absolument dégueulasse ? Est-ce que j’essaie de ne rien mettre? Mais non, la dernière option n’est pas possible, parce que ta peau te tire à mort et tu ne supportes pas, tu as honte de ça.

Troisième année d’école de commerce, je passe finalement en M1. En Alternance. Dans une boite de mecs. Je relativise beaucoup: tout le monde est pro, je ne me sens pas jugée -encore moins pour mon apparence- et j’ai retrouvé l’amour. Et ce garçon là (oui, je sais que tu lis l’article) ne me juge clairement pas pour mon acné. Pourtant, hiver 2016, mon acné empire comme jamais. Et là, c’est le combat pour trouver LE fond de teint le plus couvrant de la terre, jusqu’à ce que ma peau dise stop. Grosse crise, une semaine de boulot, ou je pèle d’absolument tout le visage : je te dis pas la peur que j’ai eue en me réveillant le matin comme ça, me promettant de ne plus mettre cette crème « anti-boutons » que ma médecin m’a donnée, en me tartinant d’homéoplasmine. J’en suis limite à la crise de larmes, ça fait déjà plusieurs semaines que, lorsque je vais me coucher, démaquillée à côté de mon copain, j’ai honte, je n’aime pas quand il a sa tête trop près de moi parce que ça veut dire qu’il a la tête près mon acné, que ça me répugne et que je ne veux pas le répugner lui. Même s’il me dit que ce n’est pas le cas.
Cet hiver, c’est la pire poussée que je n’ai jamais eue. Et quand je dis pire poussée, je sais que tout est relatif, et que vous en avez peut-être déjà eu plus que je n’en ai eu à ce moment là. Pour moi, c’était des plaques sur mes tempes et joues, le long de ma mâchoire. Des boutons pas forcément rouges, donc pas forcément super visibles à travers du fond de teint -au moins je pouvais les cacher un peu-, mais sous-cutanée, qui me font mal.

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La prise de conscience ? J’avais déjà entendu parler de Roaccutane. Pour moi, comme sur de nombreux forums, c’était le maaaaaal.
Mais cette fois, je reviens du boulot, je suis assise dans le métro. Et là, je vois une femme d’une bonne trentaine d’année, assise en face de moi. Elle a autant de boutons que moi.

Ma première pensée est « Je n’oserai jamais me balader sans fond de teint si j’étais elle »
Ma deuxième « Purée, c’est quand même chaud ça. Je n’oserais jamais. J’aimerais tellement pouvoir me lever le matin et aller bosser avec juste un peu de mascara. »
Ma troisième « Je peux pas continuer comme ça ».

Et c’était parti.
Deux semaines plus tard, ma maman se sacrifie et me laisse son créneau chez son dermatologue, il me dit que mon acné est plutôt sévère, qu’il faudra huit mois de traitement.

D’ici là (coucou les filles qui y sont passées aussi), c’est engagement de prendre une contraception efficace pendant tout le traitement (je n’ose même pas vous raconter ce que j’ai lu dans le livret d’informations), avec pour retirer la prescription/médicament chaque mois, la preuve que je ne suis pas enceinte (tu l’as compris, ça veut dire une prise de sang par mois : Yes! Toujours pas enceinte).
Deuxième inconvénient : TOUS.LES.JOURS. Deux capsules tous les jours pendant huit mois. Yes c’est long, mais bon c’est comme la pilule: on prend l’habitude.
Troisième inconvénient : sécheresse cutanée bonjour! Le traitement -j’avoue ne pas savoir exactement ce qu’il fait- a tout séché : mes cheveux (je me lavais les cheveux tous les deux jours, maintenant ils peuvent rester sans lavage pendant trois à quatre -mais pas sans après-shampooing); mes lèvres (alors là, c’est tartine de baume à lèvres non stop, night and day) et mes bras (le soleil de San Diego a laissé mes bras/dos version dalmatien, j’ai plein de petits spots de sècheresse derrière les bras. Ce n’est pas grand chose, mais c’est pas super agréable non plus.

L’effet secondaire qui fait surtout parler de lui?
Ce médicament aurait tendance à rendre les personnes le prenant dépressives, avec des sautes d’humeur; ou chez les personnes déjà dépressives, pourrait les conduire à « passer à l’acte » (et on parle pas de faire l’amour, là).
Est-ce que j’ai senti cet effet? Pas vraiment. Je suis peut-être un peu plus susceptible (J’AI DIT PEUT-ÊTRE OK?!), mais je n’ai pas eu d’épisode de tristesse particulière dû au médicament (ou en tout cas sans raison particulière).

L’efficacité?
Au début, je m’attendais à une recrudescence de boutons dans les deux premières semaines : elle n’est pas vraiment venue, c’était déjà assez moche comme ça. Cependant, c’est vraiment au bout de deux mois que j’ai commencé à voir de nets changements. Wow. Ca faisait du bien! J’avais encore quelques boutons par ci, par là, mais rien en comparaison par rapport à avant. Clairement, le ratio effets secondaires/efficacité est pour moi super bon. Est-ce que si c’était à refaire, je le referai? Ah, mais je l’aurais même fait beaucoup plus tôt!

C’est un peu comme quand tu te fais poser un appareil dentaire. Sur le coup tu détestes ça, et une fois fini, tu te détestes de ne pas l’avoir fait plus tôt vu le joli résultat que ça fait.

Je peux enfin sortir non maquillée. J’ai abandonné le fond de teint, la BB Crème etc. Je peux passer la journée non maquillée sans me sentir horrible. Je n’ai pas honte que mon copain, que mes amis me voient comme ça. Ca fait tellement de bien! Soupir de soulagement.

Et puis j’ai commencé à en parler autour de moi. Mes ami(e)s m’ont complimenté sur ma peau. Ca m’a fait me sentir encore mieux. D’autres ami(e)s m’ont dit avoir fait ce traitement aussi quand ils étaient plus jeunes, ils m’ont rassuré, donné des conseils, encouragé. Et au final, alors que je n’osais en parler à personne… C’est un, deux, presque dix personnes autour de moi qui m’ont dit que, eux aussi avaient eu ce traitement. Et d’autres qui m’ont dit qu’ils en avaient entendu parler, qu’ils n’avaient pas osé le faire, mais qu’après les résultats qu’ils avaient vus sur moi, ils allaient le reconsidérer.

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Yes, cette fille sur la photo n’as pas de fond de teint, et n’est pas passée via photoshop pour camoufler ses boutons.

Je ne cherche pas ici à faire la publicité de ce médicament -qui en reste un, avec de sérieux effets secondaires; mais plus à vous faire tirer des leçons là-dessus.
Ou comment un désavantage physique peut vous rendre mal, à vos yeux et aux yeux des autres. Je ne parle pas dans cet article de ceux qui se moquaient de moi pour mon acné, ils ne méritent pas d’être mentionnés. Au contraire, à quel point le soutient de vos proches, de vos amis, vous aide à aller de l’avant. ce combat contre l’acné, je ne l’ai pas mené seule. C’est derrière ça, des années de pleurs consolés par ma famille, lorsqu’ils essayaient avec moi de trouver des solutions. C’est du mal-être, même si ça reste physique, parce que tu sais (ou tu crois savoir, à tord), que les gens te jugent d’abord parce qu’ils voient de toi -et dans ce cas là, ton visage est ce qu’ils voient en premier lieu. Le principal, ce que j’aimerais qu’en lisant ces derniers mots, c’est que tu réalises que tu n’es pas seul.

Rosalie

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Revue de lecture.

“The more that you read, the more things you will know. The more that you learn, the more places you’ll go.”
— Dr. Seuss

 

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J’étais une grande lectrice.
Par mes études littéraires, par mon goût pour la lecture, parce que tout le monde a toujours lu autour de moi, et parce qu’en tant que fille unique, je ne devais compter que sur moi-même pour rêver et m’inventer des histoires. Parce qu’à l’époque il n’y avait pas Netflix (oh la vieille!).

Mon premier gros coup de cœur a été -forcément- Harry Potter. Je les ais dévorés en quelques jours. Puis les Peggy Sue, Sigrid et les mondes perdus, de Serge Brussolo (merci Monsieur!). Ensuite, les premiers livres à lire, au collège, au lycée, en prépa.
Nombre d’entre eux étaient des lectures obligatoires, aux détails longs et ennuyeux. Mais au final, dès la dernière ligne du livre, je sentais que j’étais contente de l’avoir lu : j’en avais retiré quelque-chose d’incalculable, d’impossible à chiffrer ou à mesurer. Les fleurs du mal, Le rouge et le noir, L’assommoir, Gargantua… Des lectures plus ou moins difficiles, mais que des bons souvenirs.

Ces dernières années, avec ma réorientation en école de commerce, j’ai perdu cette habitude de lire. A regret. Mes lectures se limitent désormais à Medium, aux magazines (pas forcément féminins), à Madmoizelle… Très peu de « vrais » livres du coup (même si j’ai récemment fait une énorme commande Amazon, dont je dois m’occuper!).

J’ai plus été intriguée par des livres « utilitaires » (type: La microéconomie en 25 points, lol) ou de self-improvement (créativité, bien-être, productivité…). J’en ai oublié les histoires, les poèmes…

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Lorsque je lis(ais) un livre, c’est généralement mes préférés, que je lis et relis et relis…Il me restent comme un souvenir, comme bienvenus à un moment particulier où j’avais besoin d’eux. Je n’en citerai que trois, ceux que je relis de temps à autre, pour le plaisir. Pas forcément de A à Z, parfois seulement quelques chapitres au hasard.

Mes livres préférés, à lire et relire sans modération:

Lolita, V. Nabokov:
Mon préféré, sans aucun doute. J’ai vraiment eu du mal à la première lecture, si bien que j’en ai presque zappé l’humour d’Humbert Humbert, la fascination maladive qu’il entretient pour Dolores, et l’aura de femme-enfant de Dolly. C’est dérangeant, drôle, sociologiquement frustrant, mystérieux – pas de spoilers, promis.
Pour moi, ce livre est celui du printemps. Lu dans le jardin, en prenant de premières couleurs au soleil. Et l’adaptation de Kubrick est parfaite (je ne vois pas Dolores autrement qu’avec Sue Lyon).

Mange Prie Aime, E.Gilbert:
C’est l’été des incertitudes, quand tu sens emprisonné dans une situation, et que tout semble se refermer sur toi. Ce livre n’est pas certes le plus littéraire qui soit, mais c’est un livre qui m’a fait du bien. Si l’héroïne a su tout plaquer et partir à l’autre bout du monde, pourquoi pas moi? Assez révélateur, bien que tout soit déjà là à ma portée. L’envie de voyager qui se réveille, de liberté… Et qui ne m’a pas encore quittée. Le film? Moyen. Je préfère m’en tenir à mon imagination.

Anna Karenina, L.Tolstoï:
C’est l’hiver, le froid, la neige…et un thé russe, enveloppée dans un plaid près de la cheminée et de la fenêtre. La passion d’Anna, contre la raison promue par la société. Le comte Vronsky VS Alexis Karenine. Une histoire d’amour passionnel qui mène à la folie. La pression que subit cette femme, auparavant incroyablement respectée. De quoi considérablement réchauffer et rendre l’hiver plus intéressant, un must à lire pendant les vacances de Noël (si vous, vous en avez). J’avoue avoir vu dans la foulée, l’adaptation cinématographique avec K.Knightley, mais celle avec Sophie Marceau m’attire pas mal. C’est prévu pour cet hiver.

BONUS

Chasers of the light, Tyler Knott Gregson
Pas de traduction, obviously ce sont des poèmes en anglais. Mon dieu, ce que cet homme écrit bien. Un rythme, des sonorités chaleureuses, un romantisme sans pareille, un appel à l’aventure. L’effet « écrit derrière un ticket de métro ou au dos d’une facture », des haïkus aussi, ou des textes bien plus longs… Parce que la poésie est quelque-chose qui se vit, sans parfois s’y attendre.

A noter : le poète est aussi photographe. Oui, les photos à l’intérieur sont de lui.
A noter V2: Il publie également, sur son compte Instagram & Tumblr, des haïkus journaliers, trouvables seulement en ligne (pas dans ses livres).
A noter V3: Son dernier recueil: Wildly into the dark, est la parfaite suite de Chasers of the light.
Mais je vous laisse vous faire votre avis par vous-même.

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Ma liste de livres à lire? 

You are a badass : how to stop doubting your greatness and start living an awesome life, Jen Sincero
Tuesdays with Morrie, Mitch Albom
Big Magic: Creative living beyond fear, Elizabeth Gilbert
L’amie prodigieuse I, Elena Ferrante

Et vous, la lecture, comment ça se passe?
Vous êtes de grands lecteurs, ou au contraire, pas du tout?

Rosalie

wolf

 

Pression, bonnes habitudes & rêves.

On dit qu’il faut 21 jours pour créer/se défaire d’une habitude. Qu’il s’agisse de perdre du poids, de retourner au sport, d’arrêter de fumer, de se lever plus tôt, de lire dix pages d’un livre par jour…

On dit aussi de se méfier des « on dit ». Tu peux trouver une multitude, une infinité d’articles sur le sujet. « 20 petites habitudes qui feront de vous une personne meilleure/plus productive/plus appréciée…[ce que tu veux]« . Il n’y a pas forcément que du mauvais, au final ces « conseils » sont positifs…mais quelle pression.

Être « healthy », avoir une vie de couple épanouie, une carrière au top, une garde-robe nickel, une peau parfaite, une maison Pinterest, un physique MyProtein et une passion dans laquelle tu excelles. Tout en mangeant vegan et bio.
Quelle pression.

Tu n’échappes sûrement pas à tout ce que j’ai cité ci-dessus. Je n’y échappe pas non plus. Avec la peur de ne pas être satisfait si un des critères vient à manquer. Avec la peur d’être jugé pour tes kilos en trop ou ton célibat alors que les relations autour de toi s’ancrent et se projettent. C’est à se demander pourquoi on s’alourdit de tâches, s’entoure de zen pour compenser, part en burn out en rêvant de tout plaquer (ou un bore out, pas forcément mieux non plus).

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Et qu’en serait-il si cela n’existait pas? S’il n’y avait aucune pression? Si tu étais absolument libre de mener ta vie comme tu l’entends? Qu’en serait-il de ton travail/études actuels? Qu’en serait-il de tes relations avec les autres? Des amitiés que tu ne gardes que par intérêt? Une relation dans laquelle tu ne restes que par habitude, ou parce qu’il faut bien qu’à un moment, tu te poses dans la vie? Qu’en est-il de tes rêves?

Si, en lisant cet article, tu pouvais te poser et juste… Tu sais quoi? Fais-le. Prends un morceau de papier -Notes sur ton téléphone ou ton ordi, c’est trop has been. Fais-le bien, prend un morceau de papier, un dos de ticket de caisse si tu n’as que ça, un stylo, et commence.
Si tu pouvais faire absolument tout ce que tu voulais, sans problème financier, de santé, sans peur de blesser qui que ce soit. Qu’est-ce que tu ferais? Est-ce que tu ferais la grasse matinée tous les jours,  que tu passerais ta journée à faire de la guitare, avant de finir en grosse soirée avec tes potes? Est-ce que tu plaquerais tout pour voyager? Est-ce que tu t’engagerais pour une cause humanitaire? Est-ce que tu monterais un élevage de chats? Il n’y a pas de limites. De quoi rêvais-tu quand tu étais petit?

Mais surtout… Pourquoi est-ce que tu as oublié ces rêves? Pourquoi les as-tu mis de côté? Sont-ils conciliables avec ta vie d’aujourd’hui? Oui? Fonce! Si non, serais-tu plus heureux en les réalisant, ou en continuant à vivre ainsi…

Alors oui, des décisions aussi radicales que « Partir vivre dans un ashram en Inde » peuvent être plus difficiles à réaliser que « prendre des cours de piano ». Et pourtant, si c’est ça qui te fait vibrer…
Tu peux pourtant, avec les « bonnes habitudes », commencer par changer 2-3 choses pour améliorer ton quotidien. Pas forcément la liste Elle ou Biba, te proposant un changement tout à fait extrême à base de kale et de boxe finlando-brézilo-suédoise.
Baby steps. Un pas à la fois. Réfléchis à ce qui te ferait du bien, ce que tu penses être capable de tenir sur le long terme, et surtout pas à toutes les habitudes que tu pourrais prendre d’un coup, genre tout en même temps. Pas ce que les autres voudraient, mais ce que toi tu voudrais ajouter à ta vie. Si tu te sens bien avec ces 5kg en trop, pourquoi te frustrer pour les perdre? Tant que ce n’est pas contre tes valeurs, tout est possible.

Personnellement, les habitudes que je veux prendre?

Me remettre au sport.
Cela fait pas mal de temps que j’ai perdu l’habitude, ma régularité à aller à la salle/courir/faire du yoga. Pourquoi même me remettre à la danse.

Poser le portable.
Oui, Rosaloup n’est pas mon seul taff. Je suis toute la journée sur un ordinateur, sur les réseaux sociaux, et je n’ai pas vraiment l’occasion de déconnecter. J’aime ça, et oui je ne culpabilise pas à surfer sur Instagram, à tester les filtres du jour sur Snapchat, à checker mes emails et rester alerte pour mes notifications LinkedIn. Et pourtant, juste rentrer chez soi le soir, se poser devant Netflix et éteindre messenger, aller boire un verre et laisse le portable au fond du sac (mode sourdine activé), se faire couler un bain avec un livre et un thé…

Prendre plus de temps pour mes proches.
Appeler ma maman, papi-mamie, envoyer ENFIN mes cartes postales de San Diego, aller boire un verre  avec mes potes #RosalieFantôme (désolée si vous passez par là), aller au cinéma avec mon chéri, passer au bar à chiens entre filles…

Prendre plus de temps pour moi.
Lire la tonne de livre que j’ai achetés chez Amazon au début de l’été, continuer à écrire pour Rosaloup (et autres), continuer/commencer un livre?, reprendre le dessin, reprendre la méditation.

Voyager.
Que ce soit en Belgique, en Europe, en France, ou bien plus loin… Re-planifier au plus vite un nouveau voyage pour continuer à rêver!

Et vous?
Vos rêves, vos doutes, vos bonnes résolutions… Qu’est ce que c’est?

Photo de couverture – Oléron
Photo dans l’article – Ombre portée au Cambodge.

Rosalie

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Sortir de sa zone de confort.

 » Personne n’est mort d’inconfort, et pourtant, vivre au nom du confort a tué bien plus d’idées, d’opportunités, d’actions, et de maturité que toute autre chose. Le confort tue! »
– T. Harv Eker.

Aller parler à cette jolie fille au bar. Voyager seul. Partir travailler à l’autre bout du monde. Changer de boulot. Se mettre au sport. Prendre des nouvelles de ses grands-parents qu’on n’a pas vu depuis un bail.

Toutes ces actions ont un point commun: elles peuvent paraître tout à fait faciles à réaliser, ou bien tout à fait inimaginables. Et pourtant, ce qui est facile pour toi ne le sera pas pour moi. Cependant, comment sortir de la routine, comment se faire plaisir, comment avoir le sentiment d’être vivant si tu ne sors pas de ta zone de confort?

En sortant de ton cocoon, tu rencontres de nouvelles personnes. Le succès est plus doux s’il a été difficile. Cet état de peur dans lequel tu peux être, d’inquiétude? Tu l’oublieras vite pour n’en retenir que le meilleur, cet état « d’anxiété optimale » te permets d’aller plus fort, plus loin, de tenir plus longtemps. Et lorsque tu te retournes, pouvoir te dire « j’ai fait tout ça, sans rien ni personne, alors que je ne m’en pensais pas capable ». Et regarde-toi, maintenant que tu l’as fait!
Visualise un serpent: s’il ne mue pas, il meure. En restant dans ton ancienne peau, penses-tu pouvoir te sentir vivant encore longtemps? Ce frisson, l’adrénaline, analyse le, retiens le, grave le en toi. Est-ce que c’est de la peur, de l’envie, du désir, de la fierté?

L’inconfort est seulement temporaire, tu ne dois pas avoir peur de ce qu’il y a en dehors de ta bulle. Ce qui peut te faire peur à toi, peut peut-être être tout à fait normal pour quelqu’un d’autre, ou même inimaginable par une autre personne. Au final, ce qui t’impressionnait avant, une fois que tu l’as fait, n’est plus qu’une expérience, voire une habitude. Personne ne se lance dans un marathon sans avoir jamais couru. La première course, peut elle aussi être source d’anticipation (« je n’ai pas de souffle », « je vais devenir tout(e) rouge »,  » je n’ai personne avec qui courir »…).
Toutes les situations, peut importe leur degré d’embarras, ne sont pas un souvenir cuisant qui restera à tout jamais dans ton esprit, marqué au fer rouge, retenu par toutes les personnes présentes (en fait, elles ne s’en rappelleront pas, alors que toi tu resteras bloqué(e) dessus).

Des actions spécifiques entraînent des résultats spécifiques. Tu veux devenir un athlète? Travaille-le. Tu veux gagner plus d’argent? Travaille-le. Tu veux être heureu(se)x? Travaille-le.

Il y a dix ans, où étais-tu et où te voyais-tu? Dans dix ans, où te vois-tu? Et qui aimerais-tu être?
Alors demande à avoir ce que tu veux. Donne le toi. Lève toi tôt. Ose dire non, ose dire oui. Prends les compliments – et retiens les. Prends les critiques. Admets et apprends de tes erreurs. Prends la parole, même lorsque tu ne te sens pas légitime. Arrête la procrastination. Laisse-toi aller. N’aie pas peur du jugement. Dépasse le jugement. Fais-toi confiance. Petits pas par petits pas. Fais-toi peur au moins une fois par jour. Nage contre le courant si tu dois le faire. Vois l’échec comme un passage obligatoire, régulier, pas comme un obstacle définitif. Mais surtout, fais-le pour toi, et prend soin de toi. Accepte d’être vulnérable. Accepte l’aide autour de toi. Demande-leur « Qu’est ce que tu ferais si tu étais à ma place? ».

Tu en es capable. Il suffit juste de prendre confiance en toi, d’y aller petit à petit. A force de creuser une idée, de la mener en long, en large, en travers, tu n’agis pas. Plus tu élargis ton champs d’action, et plus d’opportunités s’offrent à toi. Les mauvaises expériences feront au mieux de bonnes histoires à raconter, au pire des leçons à méditer. Autorise toi, prépare toi à changer. Maintenant et pas plus tard, seul(e) ou pas.

Photo : île d’Oléron, 2017.

Rosalie

wolf

Paranoid Waves, le groupe qui fait des vagues!

« Arnaud lance du fromage!
Mathieu est un enfant!
Arnaud est une daube d’aller à Paris!
Romain ressemble à Shia Labeouf. »

Y’a des groupes avec lesquels tu te poses, comme si t’allais boire une verre avec des potes. Paranoid Waves? C’est tout pareil. De la bière, du saucisson et des copains.

Lille, Belgique, Londres… On les retrouve partout, toujours avec la même bonne humeur contagieuse et leur énergie sans fin. Avec plus d’une centaines de concerts à leur actif, les Paranoid Waves -anciennement Diggers Clones– font confiance au hasard pour trouver un nom de groupe (à chacun sa signification), et vont où le vent les porte. L’appropriation? Leur credo. « L’homme s’adapte ».

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On y retrouve de bonnes références pop-rock, comme Oasis, Artic Monkeys, Band of Skulls… Leurs EP, Material Lights (enregistré dans la cave du guitariste) en 2014, puis How was your day début 2017, annoncent la couleur. Un dernier album humain, à écouter dans l’ordre pour profiter d’une séance de psy gratuite. Des premiers morceaux anxiogènes (on sait que tu passes une mauvaise journée), pour s’améliorer jusqu’à rayonner avec Larger than life. On y retrouve une centaine de nuances, une accessibilité propre au groupe, qui évite toute morale à deux balles.

La petite bande a des tempéraments très différents, ce qui participe à la diversité de leurs compositions. Un travail de groupe, qui représente bien leur esprit. Une vraie bromance.
On retrouve Arnaud, à la batterie, aussi salé et rare que la Mer Morte. Romain, à la guitare, ou le calme, la grandeur de l’Ocean Pacifique. Mathieu, le styliste et chanteur du groupe, en tant que l’Atlantique : parce qu’il est plutôt fier d’avoir fait couler le Titanic et aimerait si possible faire couler des pétroliers. Et Etienne, le bassiste, plutôt « tendre », « champêtre » et « filamenteux ».

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Un groupe rock comme on les aime, parés pour les 400 coups. « Le nombre de baguettes perdues? Le cimetière du Père Lachaise serait rempli… ». Don’t care, won’t care. Fendre une cymbale prêtée, un accident de voiture juste avant de jouer, devoir faire bouger des drogués à Lomme pour filmer le clip (au final, le rendu est plutôt sympa, je vous laisse vérifier). Le groupe a également un sacré problème de Karma, entre récompenses et châtiments, entre scènes qui déchirent, un public de trois personnes ou encore trois vols en moins de cinq ans.

Allez, on se retrouve bientôt sur un rooftop!
(Et sinon, sur les liens ci-dessous, et au festival de Valenciennes le 15/08.

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Rosalie

wolf

California Dreamin’

« I will love you in memories, and the memories will be many. »
– Tyler Knott Gregson, Wildly into the dark.

San Diego, Juin 2017.
Je t’aimerai à travers mes souvenirs, et ils seront nombreux.

Je vois les palmiers, le drapeau américain flotte au-dessus de ma tête, le ciel bleu sans nuages et les falaises. J’emprunte les larges routes, suivant les pancartes vertes du regard, guettant les tags plus artistiques les uns que les autres sur les murs de la ville. J’arpente les boulevards bordés de cocotiers, m’indiquant la voie à suivre. La plage au bout de Saratoga Street, l’avancée jusqu’au Pacifique, les cabines crème et les surfs posés sur la plage. Les chiens en liberté à Dog’s Beach, les rires, Coco et sa petite fleur au collier, et Freckles s’attaquant aux huskies.

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Je vois les falaises de Sunset Cliffs, les petits crabes se cachant dans les rochers, la chasse aux coquillages. L’Hollywood Sign, le gigantesque T-rex du McDonald, les skaters de Venice Beach, les torses nus de Muscle Beach, les couleurs rivalisant avec le ciel et les vagues.

Le flou lumineux et coloré de la fête foraine, nos joues bleutées, nos bras armés d’une centaine de peluches douces et souriantes, malgré les affreux cornichons au bacon. Belmont Park et ses montagnes russes, une balade autour de Mission Beach. Balboa Park, ses lumières de nuit, et le musée du cannibalisme. Les mercredis au marché fermier d’OB.

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Je frémis à l’approche de ma première vague, l’océan m’attrape par les hanches et ne me laisse plus partir. L’oubli de la wax. Les raies pastenagues américaines à mes pieds. Les vagues du siècle coiffent mes cheveux de vagues blondes. Je frissonne sous l’aiguille, sous la sensation de l’eau fraîche remplissant les manches de ma combinaison de surf par les vagues, ces vagues qui tour à tour me poussent plus loin vers l’étendue, plus proche du rivage. La tête sous l’eau, j’ai bu la tasse, mais je suis (presque) devenue une surfer professionnelle.  Le vent sur mes bras encore mouillés, la chair de poule et le coeur qui se bat plus fort en attendant le « Green Flash », puis en y goûtant.

La gorge qui se serre en admirant le coucher de soleil aux couleurs d’une barbe à papa à Ocean Beach, essayant de capturer l’instant, la chaleur du soleil et l’odeur de la brume marine. C’est peut-être ça, le but ultime. The purpose of life.

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J’ai le vertige sur le pont suspendu, j’ai le vertige en entendant résonner dans mes côtes les clameurs des supporters des Padres de San Diego. J’ai le vertige sur la planche de paddle en remarquant les otaries à mes pieds, les écureuils des sables, les bébés mouettes prenant leur premier envol. J’ai la tête qui tourne à Seaport Village, rêveuse parmi les mares aux canards et les lumières.

J’appréhende parfois, le matin, lorsque je me réveille seule et sais que je suis tout à fait solo. L’adrénaline monte et je me sens forte, libre, capable de tout.
Eblouie par les lumières de San Diego la nuit au Hyatt, le malaise d’être en jogging/baskets quand il s’agissait d’être sur son 31.
En contemplant l’ampleur du dégât, coup de soleil à Windansea Beach et La Jolla.

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Je goûte un Slim Jim, enroulée dans mon plaid, à l’arrière d’une voiture, les jambes dans le vide, regardant Wonder Woman (pew, pew, pew) sur un écran à l’air libre. Du popcorn sauce salsa piquante en attendant la balle de match. Des macaronis au fromage beaucoup trop copieux. Les meilleurs Taco au monde. Réveillée par une odeur de café frais. Un baume à lèvres à la menthe poivrée, et un chewing-gum à la cannelle.

J’entends le lit grincer, et au dessus les avions qui me rappellent que je devrais en prendre un bientôt, moi aussi. Les aboiements protecteurs de Freckles devant la maison, et ses morsures si quelqu’un ose s’approcher de trop près.

Je souris devant la Kissing Statue, le long du port. Je ris en parcourant les histoires de mon cowboy, en échangeant avec mes conducteurs Uber, à la soirée bingo avec les Drag Queens. Je n’aurais jamais pensé glisser un billet d’un dollar dans le string d’un monsieur.

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Je pleure le retour, un dernier au-revoir et je cours entre les avions. L’esprit agité, ne pas y penser, les tasses pour agrandir la collection dans le sac -qui sera fouillé, les nerfs qui lâchent avec la fatigue entre colère et éclats de rire.

L’incompréhension une fois revenu(e) à la maison, lorsque ce que tu appelles « la maison » ne l’est plus. Lorsque tu ne sais pas trop où tu es, si tu es vraiment parti(e) ou si ce n’était qu’un rêve?
Le lendemain, le surlendemain, se réveiller avec l’impression d’avoir fait une erreur en reprenant l’avion pour rentrer.
Se promettre d’y retourner. Regretter d’avoir des responsabilités, attendre avec hâte de pouvoir les déléguer. Être tiraillé(e) entre l’amour qu’on porte aux gens qui sont ici, tout en sachant que son coeur est resté là-bas. Se rendre compte qu’on est tombé(e) amoureux(se) de la ville.
Ne pas arrêter d’y penser, de se remémorer chaque moment. Calculer les heures de décalage, se demander ce qu’on ferait si on y était. Planifier, ne pas rompre le contact, même si la raison nous pousse à en faire le deuil. Et au contraire, favoriser tout ce qui peut nous y faire penser et y revenir l’équivalent de quelques minutes, lorsque le cerveau se mets en pause et accepte de profiter et de s’émerveiller autant que lorsqu’il était là-bas.
On dit qu’un voyage se vit trois fois: en le projetant, en le vivant, et en se le remémorant. J’ai aimé, j’aime, et je projette. Au passé, au présent et au futur.

Je t’aimerai à travers mes souvenirs, et ils seront nombreux.
A travers ceux déjà faits, et ceux à venir.

PS: Pour ceux et celles en mal de voyage, les photos sont toutes (ou presque), sur mon compte Instagram! Lien en bas du site ou dans la partie « contact ».

Rosalie

wolf

Silent Elephant

Imagine.

T’es posé, la soirée bat son plein, tu connais deux trois personnes, mais la musique est vraiment nulle. Evidemment, ca finit en contre-soirée dans la cuisine, à parler musique. La bonne musique. Surtout avec Mehdi, il touche pas mal à la batterie et la guitare, il a déjà un groupe. Toi, tu fais de la batterie, un groupe ce serait vraiment cool, t’es trop partant. Et puis, l’alcool aidant, c’est lancé, il quitte son groupe actuel, tu décides de monter le tien avec lui.

6 ans plus tard, ça y est. Après avoir fait quelques reprises (White Stripes, Artic Monkeys…), tu as fait plus d’une soixantaine de concerts, performé à Lille, Paris, en Belgique… Hadrien, Thomas, Mehdi et Manu : les Silent Elephant existent pour de vrai, ça y est.

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Ce qui est parti d’une soirée, au contraire de nombreuses idées, s’est réalisé… Et avec brio ! Le groupe rock qui envoie du lourd. Loin des vagues, l’oxymore de l’éléphant imposant, qu’on repère à des kilomètres, au son sage et aux notes qui résonnent.

Pas prise de tête, pas à plein temps, les Silent Elephant s’engagent tellement qu’ils sont aujourd’hui sur Spotify, Deezer, ont été interviewés par Nord&Noise, et ont sorti un Opus l’été dernier. Leurs compos, aux touches reconnaissables, évitent la banalité et la répétition. Bientôt l’Imaginarium Festival, après le Marathon de Paris, St-Sauveur, le Zikodrome et St-Omer.

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La grosse tête, l’éléphant ? Pas vraiment non. Ils sont plus du genre à casser des lattes de parquet pour leur premier concert au Berkeley, à débrancher la basse du bassiste pendant son solo, ou à se disputer pour savoir s’ils étaient un Boys Band, s’ils ressembleraient plus à un groupe de K-POP ou aux Whams. Le tout ponctué d’appels aux chips au poulet.

Merci aux Silent Elephant pour cette interview, entre 1664 et chips !

On les retrouve très rapidement, dès Samedi 3 Juin, à Compiègne à L’imaginarium Festival !

Sinon c’est aussi ici pour les écouter !
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Rosalie
wolf